Présentation

Samedi 22 novembre 2008

Voici un texte touchant d'Elodie, en participation libre :






Et c'est parti pour vingt minutes d'attente, pensais-je. Quelle idée aussi de prendre le but dans le mauvais sens, faut le faire...

Je maugréais contre moi-même en jetant mon mégot par terre, lorsque sa silhouette se profila au loin.

Encore un.

J'en vois de plus en plus et j'avoue que je ne suis jamais rassurée quand je les rencontre. Pourtant je ne suis pas fière de se sentiment. Ce sont des gens comme vous et moi, des malchanceux, des démunis... Je détestais ce sentiment d'effroi et pourtant je restais méfiante.

Et il commença à me parler. On aurait dit un ours. Un ours mais pas de ceux qui sont bourrus. Non. Un ours imposant mais tout doux et gentil.

 

"- T'as quoi , toi 15, 16 ans?" Non, non monsieur j'ai 20 ans...

"- OOOOH déjà! Et t'es mariée?" Pas encore, mais ça viendra vous savez...

Il cria sur deux trois gamins qui passaient par là en vélo. Surpris par le geste inattendu du viel homme, l'un deux cria en riant aux éclats. Je remarquais le fait qu'ils étaient loin d'être effrayés. Il fait bon être simple d'esprit.

 

"- Faut bien s'amuser! Tu t'amuses toi?" Moi? Plus trop le temps de s'amuser vous savez...

Ses yeux bleus riaient, son visage inspirait la sympathie et un instant je pensais qu'il ressemblait au Père Noël. Ma peur s'était envolée...

 

"- Moi quand j'étais en Algérie tu sais, j'avais un gros ver dans le ventre! Et je m'inquiétais tu vois, j’disais qu' y  avaient des bouts de ver qui me sortaient de l'intérieur et je m'inquiétais tu vois!" Ah beurk, ça c'est crado monsieur!

"- Rooo ba c'est la nature! T'as jamais vu des blessés à l'hôpital psychiatrique? Moi j'en ai vu! Une pauvre fille... Enfermée à ses 21 ans par ses parents... Belle connerie humaine! A 60 ans , ils l'ont envoyée en maison de retraite. 40 ans passés à laver leurs chiottes..." Oui, la vie est injuste, je suis bien placée pour le savoir...

 

Son visage s'était fermé sans crier gare. Perdu dans ses pensées, l'homme se rappelait le temps où il était soldat. Guerre d'Algérie. Des histoire de ferme, d'eau à payer, de grappe de raisin interdite...

Info ou intox? Personne ne pouvait le dire, mais il me rappelait mon oncle et ses souvenirs du temps de l'armée, quand lui et mon père faisait les 400 coups.

 

"- Vous croyez aux rides d'expression?" Oh ça oui monsieur.

"- On pourrait allez chercher des livres sur le sujet, et toi et moi on en causerait..." Avec plaisir Monsieur!

"- Les yeux sont le reflet de l'âme..." Vous ne croyez pas si bien dire.

 

Moi qui vous ai en face de moi, je sens cette gentillesse, ce côté taquin, un peu fou aussi et je souris. Tout ce que je lis dans ce regard, Monsieur, c'est de l'amour, un peu de temps à perdre à discuter avec une parfaite inconnue, un besoin de compagnie et de partager tous ces souvenirs qui vous tiennent en vie.

 

L'homme tousse et crache par terre. Je jette un oeil à son caddie. Un fatras, un joyeux bordel je dirais même. Les sacs poubelles s'emmêlaient les uns avec les autres, une bouteille contenant un liquide boueux et probablement néfaste traînait au fond, à côté de ce qui semblait être un paquet de farine.

Mais déjà le bus arrive.

 

"- Je suis désolée Monsieur, mais mon bus arrive..." lui dis-je

"- Votre bus , mais nan il est là vot' bus!" dit-il, montrant ma poitrine du doigt

"- Ah oui mon buste est à sa place, en effet " dis-je en riant.

 

"-OOOOH! Mais 'z'avez failli m'écraser! "

 

Le chauffeur lui souria. Je monte dans le bus en souhaitant une bonne journée au bonhomme.

Les portes se fermèrent, laissant le vieil homme loin derrière. Pendant tout le chemin du retour, je reste plongée dans mes pensées, à moitié choquée et à moitié émerveillée. Oui j'ai bien dit émerveillée. Une rencontre comme ça n'arrive pas tous les jours. Et pourtant...

 

Je voulais juste vous dire merci.

 

Merci d'avoir fait passer ces 20 minutes si rapidement et merci de ce regard bleu si plein de belles choses.

Malgré le fait que vous soyez SDF...


Elodie
Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Vendredi 14 novembre 2008



Le cendrier de l’éléphant




« Mais où peut bien être ce bon dieu d’éléphant ? » grognait le colonel. 

C’est énorme, un éléphant, ça ne peut pas disparaître comme ça ! Mais rien à faire, depuis qu’il le traquait, le vieux mâle aux magnifiques défenses semblait avoir échappé à son œil de lynx. Il l’avait suivit à travers toute la savane, manquant de peu de se faire dévorer par deux lionnes affamées et piétiner par un rhinocéros bougon. Il les avait ignorés, tout à son gibier. Un MacPhersen ne lâche jamais sa proie ! 

A présent il avait atteint les bois. L'éléphant semblait invisible à travers les arbres de la jungle. Et ça mettait le colonel dans une fureur noire. Son ami et éternel rival O’Railley allait se moquer de lui. « C’est toi le cendrier !!! » hurlait toujours cet imbécile dans des moments pareils. Le cendrier, celui qui rendre noir, bredouille… MacPhersen en grinçait des dents. Il fallait à tous prix qu’il réussisse à mettre la main sur ce fichu éléphant !

Soudain il sentit sous ses pieds ce tremblement qu’il reconnaîtrait entre mille. Là, sur la droite, la charge du vieux mâle en personne ! Triomphant, il pivota sur lui-même et commença à lever son fusil.

Il ne termina jamais son geste.

Plusieurs tonnes d’éléphants furieux mirent fin à sa vie, à sa chasse, et aux attentes impatientes de ses nombreux héritiers. Après quoi le patriarche retourna fièrement à sa savane, non sans avoir prit le temps d’abattre un arbre pour se rappeler qu’il en était à 6 chasseurs cette année, soit près de battre le record de son ami et éternel rival. Il reparti en barrissant de contentement.



Marine


Phrases piochées :

"L'éléphant semblait invisible à travers les arbres de la jungle."

"C'est toi le cendrier !!!" 

Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 14 novembre 2008

« - Quelqu’un peux me passer le cendrier? demanda Emma.

- C’est toi le cendrier!

- Oh mais ta gueule, t’as pas fini avec cette blague bidon Élodie? soupira Emma, blasée.

- Roo bah si on peut plus rigoler… » répliqua Élodie. 

Elle s’affala à son tour dans le fauteuil moelleux, affichant son habituelle moue boudeuse.


« - Ça y est, la v’la repartie à faire son boudin…dit Emma. T’as pris ton bain au moins? Parce que si t’y vas pas, jte préviens, jte pique ta place et j’y resterais des heures! 

- Pas question! » s’écria-t-elle.


Élodie se leva de son nid douillet et s’enferma à double tour dans la salle de bain. Elle fit couler l’eau en ouvrant à fond le robinet d’eau chaude avant de goûter l’eau du doigt et de réajuster la température. Elle se déshabilla et plongea avec un soupir de satisfaction.


Trois quarts d’heures plus tard, Emma vint toquer à la porte en criant: 

« - T’es morte? Parce que sinon j’appelle le croque-mort qu’il vienne te chercher! »

Élodie soupira de nouveau, d’exaspération cette fois.

« - Bon tu sors? T’as bientôt fini au moins? J’ai froid et j’en ai marre de sentir le bouc! » s’égosilla Emma.

« - C’est toi le bouc! » lui répondit Élodie

 

Emma maugréa et se dit « Changera jamais cette gamine… ». Elle tourna les talons. Élodie tendit l’oreille et sur que sa grande sœur était partie de derrière la porte. Elle refit couler l’eau chaude, le bain ayant refroidi depuis stout ce temps, et tout à son plaisir, mit les écouteurs de son baladeur dans ses oreilles, méditant sur la vie et sur le moyen de clouer le bec d’Emma à jamais.



Elodie


Phrases piochées :
"C'est toi le cendrier !!!"
"As-tu pris ton bain aujourd'hui ?" 

Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 14 novembre 2008

À partir de phrases écrites et piochées au hasard, nous avons dû écrire un texte (en 15 minutes) en incorporant lesdites phrases (sous réserve d'adapter conjugaison, narrateur et autres éléments de forme).


 




Le silence planait sur la scierie. Tous les forgerons s'était tu. Se regardant les uns les autres, ils en arrivèrent à la même conclusion : le terrible craquement qu'ils venaient d'entendre n'était pas naturel. Armés de solides haches, ils s'apprêtèrent à faire face à l'ennemi invisible capable d'un tel vacarme. Tous, sauf le vieil Armand, déjà saoul à cette heure matinale. S'offrant une généreuse rasade de rhum, il déclama :

 

"Pas normal c'boucan ! Regardez, là, l'mon ombre sur l'mur, ben elle n'm'a jamais parlé ! Ça fait pas de bruit c'truc-là !"

Les autres haussèrent les épaules et firent un pas, redoutant que le vacarme se répète. Et immédiatement le craquement se refit entendre, tout autour d'eux. Un bruit sourd et profond qui prenait sa racine dans toute la forêt. Relevant le bas de son bonnet, l'un des forgerons ouvrit grand la bouche pour s'exclamer :

"C'est... c'est les arbres ! Cré vin diou c'est les arbres qui bougent !"

Et tous se mirent à trembler, les yeux rivés sur les racines qui sortaient de terre, rampant comme de lents serpents vers la scierie. Les arbres, secouant leurs branches, brandirent leurs bouts les plus pointus, leurs aiguilles et leur bouclier d'écorce, dans leur direction. Un autre forgeron, ne voulant céder à la panique, hurla :

"Allons couper du bois les amis !"

La bataille ne dura pas longtemps. Les haches ne coupèrent que quelques branches et restèrent coincer dans les troncs. Les humains, trop fragiles, furent écrasés par les épaisses racines de séquoias. En peu de temps, il n'y eut plus rien à voir. Les restes des murs de la scierie effondrée furent avalés par le sol/ Il ne régna bientôt plus qu'un long et inquiétant silence. 




Florent




Phrases piochées :

"Allons couper du bois les amis !"

"Mon ombre sur le mur ne m'a jamais parlée." 

Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 12 novembre 2008

Planqué derrière un amoncellement putride d’ordures, je l’attendais fiévreusement. Mon genou posé sur le relief inégal du bitume commençait à saigner, tellement je tentais de contenir ma rage en m’enfonçant dans le sol pour que mon corps ne bouge pas. Ce salaud arriverait bien un moment ou un autre, la nuit n’était pas encore à son terme, il me restait encore bien des heures pour exécuter ma vengeance. Mon corps tout entier basculait dans le piège de l’engourdissement, au milieu de toutes ces odeurs nauséabondes. Mais je ne bougeais pas. Il ne fallait pas. Deux mois que je le suivais, deux mois à ne survivre qu’à travers la pensée de cet acte. Si j’avais sombré les premiers jours dans l’affaiblissement de la tristesse, aujourd’hui j’étais prêt. Il connaîtrait enfin la douleur abominable de l’asphyxie. Celle qui m’empêche à chaque seconde de respirer ouvertement, cette asphyxie profonde et assassine qui ne me quitte plus depuis cette soirée d’octobre. Ma poitrine me torture à chaque respiration que je tente, il me semble que mes poumons ne sont plus que deux bouts d’organes amputés, des restes de mon ancienne vie. Mon cœur aussi n’est plus qu’un reste. Je sens son odeur de pourriture s’élever à travers ma poitrine, je l’imagine asséché par la douleur, racorni par l’amertume. Il doit être aussi répugnant que la ruelle crasseuse où je me trouve. 

Ce salaud n’est toujours pas là, il a peut être senti le danger. Il a peut être fermé son bar plus tôt que d’habitude pour pouvoir rentrer chez lui plus sereinement, dans la pénombre encore légère du début de soirée. 

Je commençais à sentir l’abattement au plus profond de moi, quand il apparut au bout de la ruelle. Je le distinguais difficilement, mais j’avais appris à reconnaître sa démarche. Son allure, sa physionomie, le bruit de ses pas sur le sol encrassé de sa rue étaient les seuls détails qui nourrissaient mes pensées depuis deux mois. Encore quelques pas dans cette nuit putréfiée et il serait à ma hauteur. 

Cinq secondes, quatre, trois, deux, un… Je ne lui laissai pas le temps de la surprise, mes mains étaient déjà encerclées autour de son cou bondissant de peur. Le dos blessé contre le mur froid, il me regarda avec stupeur. Il devait se demander qui j’étais, ce que je lui voulais. Il ne se doutait pas un seul instant que son quotidien était épié dans les moindres détails depuis des semaines. La rage bouillonnante en moi ne me laissait pas la possibilité d’articuler le moindre mot. Pourtant je voulais qu’il sache. Je desserrai imperceptiblement mon étreinte de son cou, pour le regarder bien dans les yeux. Face à l’assassin de ma femme, la violence m’envahissait maintenant. Je lui criai les mots crus inlassablement répétés depuis des jours, je voulais qu’il se rende compte à quel point il avait détruit ma vie. Mes mots s’enchaînèrent comme des balles d’une mitraillette déchaînée, il comprit qui j’étais. Il me supplia de le laisser en vie, il voulut me convaincre de son regret. Ce n’est pas elle qui était visée ce soir d’octobre, c’était un accident. Il pleurait comme un gamin, ridicule par ses grimaces tordues. 

J’allais enfin le voir souffrir, lui faire subir la douleur du manque. Bientôt, il n’aurait plus d’air, tout comme moi depuis la mort de mon aimée. 

Soudain la pensée de ma femme envahit toute ma tête. Je la vis devant moi, tel un ange pur au milieu de toute cette saleté nocturne. Je me souvins alors de sa bonté, de son regard porté vers les autres, de celui qu’elle m’avait fait devenir. Elle m’avait fait me repentir de tous mes actes passés, elle m’avait transformé par la bonté de sa personne. Et moi aussi j’étais devenu un homme bien. Le type face à moi devait se demander ce qui se passait. Il n’osait dire un mot. Au fond de moi je senti un doute étrange. Depuis que je préparais cette vengeance, jamais je n’avais envisagé la possibilité d’un regret, d’une faiblesse. Pourtant, maintenant, face à lui, je repensais à toute la bonté de mon ange-gardien, cette femme qui était devenue ma vie. Elle n’aurait jamais voulu me voir ainsi. Elle n’aurait jamais souhaité sa vengeance, même contre un salaud de ce genre. Je ne pouvais pas la décevoir maintenant. Pas après tout ce qu’elle avait fait pour moi. 

Mes mains desserrèrent le cou meurtri du sale type, il se mit à inspirer très fort pour reprendre son souffle normal. Je jetai mon regard dans ses yeux, et, sans un mot, je le laissai partir. 

Il ne saura jamais ce qui s’était passé cette nuit-là, ce qui l’a sauvé. 

Il ne saura jamais que la femme dont il avait enlevé la vie lui avait sauvé la sienne. 

Je me résoudrais à le laisser vivre, pour respecter ce qu’était mon aimée, pour respecter l’homme qu’elle m’avait fait devenir. Cette nuit-là elle sauva ce pauvre type, et elle me sauva aussi, une seconde fois. Elle serait à jamais mon ange-gardien et le sien.



Carole 
Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 12 novembre 2008

Un ange en prison




La prison empeste. Ce n’est pourtant pas le pire. Mais Mohammed ne veut pas penser au pire. Le pire va revenir…

Le pire revient toujours.

Pour le moment il dort dans la pourriture qui lui sert de couche. Dans une heure – ou deux heures – ou dix minutes – ou trois heures s’il a de la chance – on le réveillera. Et on lui posera encore des questions. 

Les questions non plus ce n’est pas le pire.

Le pire vient quand ses bourreaux se taisent et le forcent à répondre. 

Jusqu’à présent, il a réussi à ne pas devenir fou. Il dort, profite de ces quelques précieuses minutes de sommeil avant que le rock and roll poussé à plein volume ne lui explose les tympans. Ses geôliers aiment bien ça. La lumière si vive qu’elle lui brûle les yeux à travers ses paupières, aussi, ils aiment bien. 

Il s’endort dans l’odeur immonde de ses propres déjections. Et devient fou.

Il faudrait être fou pour voir un ange dans sa cellule.

Un ange ensanglanté. Un ange en larmes. Un ange dont les plumes rougies tombent une à une comme des feuilles en automne. Comme des pétales de rose. Un ange si beau et si détruit.

Un ange-gardien qui murmure inlassablement :

« Pardon… pardon… pardon… »




Marine


Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 12 novembre 2008

Je vis dans une déchetterie, à Sao Paulo. Du genre où on ne voit pas trop le ciel. Un bel endroit plein de couleurs et de marques qui finissent toutes par se noyer dans la saleté boueuse. C'est pas joli, joli. L'avantage c'est que ça pue et que personne ne vient sans une bonne raison. Et des bonnes raisons de braver toute cette pourriture à l'air libre, y en a pas souvent. Du coup, moi je suis tranquille.

Ah oui, je me présente, je suis un criquet. Enfin, pas vraiment un vrai, plutôt une caricature de bande-dessinée. Oui tout de suite vous pensez pantin de bois, ébéniste, baleine et nez à rallonge. Ben, voilà, c'est à peu près ça. Je suis un ange-gardien, celui de la décharge. C'est mon rôle. Dès qu'une âme en peine se pointe, c'est du boulot pour bibi. J'aime pas bosser, mais bon. Si je le fais pas, ciao la tranquillité, retour à la case départ, fini l'air libre et pur de... la décharge. Oui, bon. J'ai pas choisi.

Et justement, tadam, voilà qu'un gamin se pointe. Un petit pauvre, super miséreux, comme y en a un paquet de ce côté de la ville. Allez savoir ce qui lui est arrivé. Parents dézingués, une bande de gosses rivale qui l'aurait maravé, ou tout simplement la famine, le rejet de la société. C'est un milieu bien méchant là-bas. Finalement, je suis bien content de ne m'occuper que de ma décharge. Imaginez le boulot si j'avais un jacuzzi en centre-ville, le nombre de môme miséreux qui se pointeraient et dont il faudrait s'occuper !

Moi je vous le dis, c'est la planque ! Je suis bien heureux d'être là où je suis. L'inconvénient, c'est que quand un client se pointe, y a beaucoup de fils à retordre, de discrimination à combattre, d'injustice à réparer, et ça me prend un temps fou ! Même plus le temps de profiter de mon logis, à regarder la lente dégradation du monde. Tout finit par prendre une teinte de boue ici, toutes les jolies couleurs disparaissent.

Bon, c'est pas tout, mais j'ai du boulot, moi. Je vous laisse.



Florent 
Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 12 novembre 2008
Alors, pour ce premier exercice, les deslyriens avaient comme contraintes d'écrire un texte sur le thème des Ange-gardiens, en plaçant le mot "pourriture" à l'intérieur, en écrivant à la première personne, et en plaçant l'action dans un univers "sale". Le tout, en 15 minutes. Et les textes ont vraiment été des plus surprenants !




J’en avais marre de cette cuisine. Toujours sale. Encombrée. Le lavabo débordante de vaisselle, la poubelle vomissant ses immondices, le sol priant pour qu’on vienne le débarrasser  de ses moutons de poussière, de ses taches de sauce et de toutes ses bouteilles de bières à moitié consommées . 

Oui, vivre en colocation avec six garçons n’étaient pas loin de devenir le bagne pour moi. Laver, astiquer, brosser, ramasser, ranger…J’en passe et des meilleures. J’avais déjà essayé d’imposer les règles minimales d’hygiène à ces messieurs mais ça n’avait duré qu’un temps.


« Oh tu as notre ange gardien  Michelle! Qu’est-ce qu’on ferait sans toi… » m’avaient tour à tour dit les garçons. Votre ange gardien? Votre boniche oui! Mais aujourd’hui, j’ai décidé de faire la grève. J’ai barricadé l’appartement, fait des affiches gigantesques avec écrit en gros dessus: « A bas la pourriture », « Rangez-moi toutes ces ordures ».


[Note de l’auteur: Oui, je sais , pas mal le slogan, et en plus ça rime. Hé hé, je ne suis pas en Lettres pour rien!]


Abasourdis, les garçons cherchèrent un moyen de s’échapper comme à leur habitude.

« Non, non, non! C’est moi qui ai les doubles de chacun d’entre vous! m’étais-je écriée. Maintenat je vais vous présenter vos futurs et véritables anges gardiens. Pour toi Max voici ange gardien Mr Propre, Pour Luc ange gardien sac poubelle, et je vous laisse vous répartir messieurs et dames anges gardiens éponge, seau, aspirateur et chiffon! »


Hé bah je vais vous dire moi: ma cuisine n’a jamais été aussi propre!


Moralité:

Heureusement qu’il y a un ange gardien qui veille sur chacun d’entre nous.



Elodie 


 
Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 10 novembre 2008
Suite des Cadavres exquis, en attendant la réception des textes à contraintes pour les publier à la suite ^^ Bonne lecture ! 

// 2 // 


Dans ce début de matinée hivernale, Remus sortit de sa tanière. L’ours dormait profondément. Alors Mimi s’avança à petit pas et grosse main étaient deux clochards vivants à proximité du canal St-Martin. Ils faisaient souvent les poubelles qui contenaient tous les déchets de mes repas de la semaine. Du lundi au mardi : patates. Jusqu’au vendredi : carottes. Et le week-end, comme le disait si bien la grognasse blonde Loué. Le canard perdit ses plumes d’effroi... Quant à la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu ! Mais elle est nulle ta blague Pierre, je vais t’en raconter sur les blondes ! Les brunes ! On dit qu’elles ne comptent pas pour des prunes ! Les rousses ou les blondes, selon les préférences, étaient alignées derrière la sentinelle vicieuse s’était endormie négligeant aussi son magnifique avion de course. Il en était fier certes, mais pas autant que son père lui a offert pour ses vingt ans, c’était donc sa guitare favorite, celle qui envoûta le public applaudissait. Le bruit des claquements de mains m’importunait ! Le vilain ! Muni du téléphone, j’appelais du secours en renfort. tous vinrent, tous répondirent présent, déboulant en tout sens. Mais bon puisqu’il n’avait pas le choix, il le ferait. Sarko... ta fin est proche...


//


“Une tangente à une ligne droite ou un cercle, ne coupe celui-ci qu’en un point” disait le tableau noir sali par la poussière de craie multicolore. Elle prit sa bouée, plongea dans l’eau javellisée et but la tasse quand même. Antoine c’est inadmissible d’être aussi nul en sport, pensa-t-il intérieurement les idées tournaient dans tous les sens. Des questions sans réponse qui en demandaient pourtant tout un tas, sans lesquelles n’étant pas spécialement emballées à l’idée de dormir dehors. Mais l’eau ça mouille, il rentra pour aller chercher son parapluie rouge. Comme les bonbons à la fraise, les roses ou les feuilles de ce chêne me rappelaient la tapisserie de mon chat fit une pirouette (cacahuète) et retomba sur ses pattes. Sacré félin mais un très gros félin. À côté, moi le petit chat je ne sais toujours pas pour le service trois pièces... Etait-ce un bon coup ? Vah ouais c’est ce que tous les Trolls disent il paraît que la fée carabosse manie la baguette comme personne ! Mais où était-il ? Le jeu cache-cache devenait trop de choses s’étaient passées ici. Tous les vieux souvenirs refirent surface. La terre s’effondrait, c’était la fin. L’apocalypse était arrivée.


//


Il était une fois une petite chaise de bois. Elle était née dans une fabrique de bonbons de toutes les couleurs dirigée par la reine des fée, Magnolia s’occupait des fraises Tagada. Voici le nouveau titre de mon livre sur deux pattes ou deux roues. La rue était coupées dans les deux sens du périphérique duquel il sortit pour se diriger dans le centre, roulant à tombeau ouvert. La momie surgit et bouffa la première gamine qui se trouvait là. On donna le roi des requins à la garde composée de baleine et de marsouin, un galopin, un machin, un américain. Un huluberlu s’approcha et reçut un coup de savate. Etonné, il passa son chemin et se prit pour le petit poucet avec les petits cailloux blancs. Mais le petit poucet n’en avait plus et dut continuer sans. Arrêter, trouver le chemin qui me permettra de guérir le village de l’épidémie, grâce à la magie. Mais l’église était derrière. Elle fut tout de suite, avec tous les éléphants blancs du cirque. un clown mit le feu au chapiteau sous lequel jongleurs, trapézistes, clowns faisaient leur numéro, t’es ok ? Alors 06.**.**.**.**. Tu m’appelleras d’accord ? Je compte sur moi petit lapin je vais t’aider à retrouver le chemin de ton terrier lui assura l’enfant et Paul pris Popin dans ses bras en direction du bosquet.


//


Un, deux, trois, soleil ! J’ai vu ! Tu as bougé ton orteil ! Et ça faisait terriblement mal ! Une douleur si atroce que ses dents de vampires monstrueuses. La petite souris hurla très fort. Et oui, les haltères c’est lourd. Mais pas grave, tu feras mieux demain, note Caroline dans son journal intime. Elle aimait écrire, tenant la plume dans sa main droite et le verre de vin. Du bourgogne pour accompagner ce délicieux souper, heure où le papy préparait sa décoction à l’oignon, boisson infâme comme le goût du smecta quand on est malade. Il ne supporta l’affreuse sorcière. Mais quelle geignard ! Elle arrêtait pas ses blabla sur la fille d’en face, blabla sur le vieux du 3ème étage. Madame Poubell était une commère. Parle-t-on de ma propriétaire ? Je la vois derrière (et pas devant) la petite maison en bois jaune et pourpre de Malaisie avant de repartir pour le Japon où Myu l’attendait et tournait en rond comme un fauve à qui on aurait coupé les articles de sport subissent une réduction de -20% avait le 15 août, septembre, octobre. Je connais enfin ma leçon ! La maîtresse va le gronder et le mettre en coin. Bah, de toute façon, il a jamais eu de chance.


//


Damien avait 200 ans mais ressemblait à un adolescent de 15 ans, mordu par un vampire au début du 19è siècle, le sang dans cette coupe. Cinquante trois années, avant de découvrir un nid de guêpe ! Pour un ours, aucun soucis, mais pour un homme ? En vérité, ce chanteur n’était pas un homme mais un singe, et du Paprika. Miam, quelle recette ! J’en ai l’eau à la bouche. Et ainsi, on va faire une fusée, pour aller jusqu’à Jupiter ! C’est un dieu ! Un grand ! Un devant lequel je m’incline son couvre-chef en plumes d’autruches capturées en Australie pour voir la magnifique barrière de corail multicolore, comme des feux d’artifice. Par contre la vache-qui-rit, ah ça non alors ! Tu m’embrasses ou pas ? Si tu ne le fais pas je te quitte et j’épouse le Prince Charles ne savait plus où il était. Il sortit la carte de sa poche et menaça le policier avec. Le fonctionnaire, trop peureux, prit la fuite de petit ours brun effrayé. Il était perdu dans cette grande forêt. Parmi tous ces arbres, y en aura bien un qui fera l’affaire. Je décidais de ne plus sortir de chez moi, il faisait trop froid et puis je déteste la foule pendant Noël... J’ai été sage ! Papa éteint la cheminée sinon le père-noël va brûler. Pas dit : “Tant mieux, ça me fera du travail !”




Par Elodie, Céline, Mélanie, Jeff et Florent. 
Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 8 novembre 2008
Cela faisait longtemps qu'une séance DesLyres n'avait pas été organisée ! Et c'est dans la belle ville d'Angers que j'ai pu réunir quelques plumes pour partager une après-midi placée sous le signe de l'écriture. En espérant que cela puisse motiver d'autres DesLyres à travers la France, voici les quelques défis que nous nous sommes proposés de relever (et que je posterais au fil de la semaine, en attendait une nouvelle séance ^^).

La première étape a consisté en cadavres exquis : chacun écrivait une ligne (peu importe que ce fut des phrases complètes ou non) et s'arrêtait au premier mot de la seconde ligne. On pliait la feuille pour cacher à l'auteur suivant tout le texte sauf le dernier mot écrit sur la seconde ligne. Et ainsi de suite. Les textes ainsi produits valent le détour ! Et je me demande si je ne pourrais pas les récupérer pour un exercice futur...

Bonne lecture !




Le chat regarde le ciel bleu dans lequel volette dans le ciel immense où planaient quelques avions d’école fabriqués avec ma feuille de cours Forest ! Court ! Et puis il dit aussi : La vie c’est comme une boîte de chocolat. On ne sait jamais. Alors ce fut la fin, le chat ferma ses yeux et sombra dans un rêve éternel. Ses songes extraordinaires qui m’emportaient au delà. Puis comme une bulle, il s’envola. Jamais il n’avait plus d’eau et il mourait de soif dans le désert froid et glacial, dont le sol était craqueler de milles et une nuit. Les contes préférés de mon enfance. Vive le pays des merveilles ! Celui de l’imagination !


//


La sorcière du Bois des Singes surgit du ventre de la terre, complètement couverte de ce manteau de fourrure qu’elle venait d’acheter pour l’hiver, quand il fait froid et qu’il neige. J’aime Noël et décora le sapin avec des guirlandes magnifiques. Enfin, après des mois d’errance, les rois de tous les royaumes décidèrent que les indiens d'Amérique n’étaient pas des hommes sages. Dieu sait s’ils sont poilus ! Mais bon, je pars du principe que la beauté est intérieure et qu’il ne fallait pas de fier à tout le monde comme ça. Voulant tester sa confiance, le héros lui sourit de toutes ses dents qui restaient dans le fond de son tiroir avec tous ses bijoux. La vendeuse avait perdu la tête. Elle n’en pouvait plus de vendre ces marchandises volées. Elle sortit un bisounours en plastique et s’étouffa avec.


//


Je marchais dans la sombreur des rues de Lyon. Et ! Lyon c’était à côté d’où j’habitais ! Y’a des belles montagnes qui lui rappelait son pays natal. Elle franchit plusieurs rivières, dévala des collines et se retrouva la clef de la porte de son placard où il cachait son secret de la lampe magique. Il regarda l’objet, perplexe, et il gronda la vilaine pète. En guise de punition il accepta. Face à lui se dressait le caravansérail du plus grand Maharadjah. Qu’est-ce qui fait la grandeur d’un homme ou d’une femme ? En tout cas, si s’en était une, c’était un travesti. Un mordu de chirurgie esthétique ! Maintenant, elle était définitivement déformée aussi affreuse qu’une sorcière, sa face n’étant plus qu’une paie purulente.


//


Moi aussi je veux un tigre blanc du Bengale ! Je sais même si ça s’écrit comme oiseaux ? Il prend alors le dictionnaire et deux renards perchés sur une barrière. Un lapin déboula devant eux. Ils ne savaient rien de ce que pouvait être l’enfer de ce monde. Mais le petit lutin préférait la confiture de fraise. Il n’y avait qu’un bras et trois jambes. Ce n’était pas simple pour les chaussures, les savates, les pantoufles et autres protège-pieds e, peau de ce fruit qui me menait au souvenir de l’amertume du pamplemousse vert. Et oui, bosser dans le nucléaire c’est vraiment pas cool ! Tant de cruauté blessait le coeur tendre de ce cher Dracula. Un millier de chauve-souris s’envolèrent et noircirent les cieux, engloutissant le monde dans un voile de Ténèbres !



Par Elodie, Céline, Mélanie et Florent. 
Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Catégories

Recherche

Concours

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus