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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /2009 09:05
Séance au Parc du Verney, à Chambéry où les anciens de DesLyres ont pu se retrouver après tant de temps loin des autres ^^ Deux thèmes à l'honneur dont le premier avait pour thème "A travers les jardins".
(Malheureusement, je n'ai aucun texte pour le second thème où l'histoire devait être cynique, se passer dans un alphabet, avec une sorcière, un pélican anorexique, une fontaine et un baobab.)

Le conducteur du bulldozer fit ronronner son moteur en appuyant de grands coups sur l'accélérateur. Il faisait chaud dans la cabine et il s'impatientait. Il attendait le feu-vert du contremaître du chantier.


Le contremaître du chantier jouait avec la tension de son cordeau à tirer. Tous les préparatifs étaient prêts, et il s'impatientait. Il attendait le feu-vert du conseillé municipal.


Le conseiller municipal faisait des noeuds avec le bout de sa cravate, manifestant son impatience. Il était en charge de concilier les intérêts des élus de la municipalité avec celui des citoyens. Il attendait le feu-vert du président de l'association littéraire "DesLyres du Verney".


Le président de l'association "Deslyres du Verney" se tapotait le menton avec son stylo pour chercher l'inspiration. Il attendait le feu-vert du chronomÇètre.


Le chronomètre [ était prêt à démarrer. Il n'attendait plus qu'une pression du pouce. Le bouton de démarrage fut presser. Le président de l'association annonça le début de la séance. A la fin, il laissa le champ libre au conseiller municipale qui donna le feu-vert au contremaître du chantier, qui lui-même donna le feu-vert au conducteur de bulldozer ]. Ainsi put commencer le chantier au parc du Verney.

 Chrismich



Il suffit de regarder, à travers les jardins, les barrières de métal et de feuillages, pour connaître vraiment les gens. Par exemple ses voisins, qui élèvent une véritable armée de monstres de chien de combats, prêts à vous sauter à la gorge comme une armée de militaire en manque de sang. La menace silencieuse d'un oeil surpris à travers les trous du mur d'enceinte, noir et or, violent et effrayant. Et le voisin lui-même, aperçu depuis le toit de la cabane, en robe de chambre débraillé, le rictus plein de bière, le regard plein de hargne, passant en revue son bataillon affamé.

Pourtant il est gentil, quant il ouvre sa porte pour les ventes de tickets de tombola. "C'est pour l'école ? C'est mignon ça ! Tu veux entrer ? Tu veux une limonade ? Allez, je vais te prendre tout un carnet." Son sourire cache ses véritables intentions et, la peur au ventre, on le suit. La porte se referme comme un blindage de coffre-fort, avec le même boucan métallique. Et, alors qu'il se traîne vers la cuisine, un oeil apparaît à travers les barreaux de l'escalier. Puis un autre sort du cellier, derrière le carreau d'une porte...

Il aurait suffit de regarder, à travers son jardin...

Florent 
Par GaillARD Florent - Publié dans : deslyres
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 10:18

Probablement l'une des plus anciennes contraintes de cette année angevine : le logorally. Autrement dit, chacun à son tour énonce un mot. Les participants ont une minute pour incorporer celui-ci à leur texte avant que le suivant énonce un nouveau mot. Simple, efficace et surprenant ^^



La réforme tomba sur le bureau du ministre. Halluciné, il la relu une deuxième fois, puis une troisième fois, sans en comprendre la finalité. Il nota les numéros de référence et partit en quête du comité qui avait bien pu pondre un texte pareil. Dans les dernières archives du gouvernement, il dénicha le nom incriminé : "Comité d'étude aux horaires." Déjà, cela prenait plus de sens.

Il nota alors le nom du responsable et le fit venir à l'Elysée. Marcus Lampoin se présenta dans l'après-midi, en costard trois pièces, tout fier d'avoir été mandé par l'illustre ministre. Il ne s'attendait pas à une telle fusillade verbale :

"Personne ne peut réellement songer changer ce que vous proposez de changer.

_ Et pourtant monsieur...

_ Non c'est non ! Je ne vais pas rajouter une heure de plus aux journées juste pour que les nuits soient plus longues !

_ Mais cela allégera la fatigue de vos concitoyens ! C'est un peu comme rajouter du sucre dans son café le matin.

_ Mais vous n'y songez pas ? Et tout le tralala cosmique, de la lune, du soleil ? Votre heure supplémentaire va tout chambouler !

_ Justement, dans la réforme proposée, nous envisageons d'allouer un budget pour créer une fusée qui aidera à modifier la trajectoire de la lune, puis de la Terre. Avec un mélange de calcul scientifique, nous pourrons facilement régler ce détail."

Incongru, le ministre fit voter la réforme par référendum. Il pensait que l'humiliation d'un refus global aiderait à ce genre de comité de en plus proposer des réformes aussi ridicules.

Hélas, la population vota massivement oui. Le ministre n'eut qu'à s'encastrer la tête dans une table basse en attendant la confection de la fusée. Et la mission fut un succès. On passa rapidement d'une demi-heure à une heure supplémentaire de nuit par jour. Malencontreusement, la fusée termina sa mission en explosant, sans arrêter le mouvement graduel de la lune. Les journées s'allongèrent de plus en plus, étirant la nuit sur des heures et des heures supplémentaires. La population fut endormie sur plus des deux tiers de leur journée et finirent pas développer des flemingites aiguës. Plus moyen de se laver ou de porter des chaussettes.

La confection de la fusée prit des retards immenses et ce n'est que deux ans plus tard, avec des nuits durant plus d'une semaine, que la seconde mission corrigea le tir par une simple étincelle dans les cieux.

Les journées reprirent leur déroulement normal et le ministre fut hospitalisé à cause d'un ulcère caractérisé. "Trop de stress, dit le médecin. Ce qu'il vous faudrait, ce serait un peu de repos. Dommage que les nuits soient si courtes."

Florent 




Il avait décidé à ce moment précis de changer sa vie, d'en faire une grande réforme. Il la voulait grande, belle et surtout qu'elle ne soit plus ennuyeuse comme c'était le cas actuellement. Il commença par aller chez le coiffeur, première marque physique d'un bouleversant tournant. une fois sa masse capillaire tombée, il décida d'aller prendre les horaires de train à la gare. Pourquoi pas changer de ville pour débuter une nouvelle carrière ? Malheureusement la gare était fermée sans aucune raison fournie. Il décida alors de faire un tour dans le parc public à proximité de la station ferroviaire. Les oiseaux chantaient, le ciel brillait, le banc su lequel il s'assit luisait. Il n'y avait personne dans ce parc. Etrange sensation que la solitude quand on recherche l'ivresse. Il regarda les pigeons s'entre-tuer pour un bout de pain et paria sur le perdant. Lassé de ce jeu illégal, il se leva et décida de rentrer chez lui pour prendre un café. Evidemment, plus de sucre une fois le liquide brûlant versé dans la tasse. A quoi bon ? Un café acide n'était pas un réel plaisir comme si on enlevait de la gaufre la chantilly. Il se releva, cela ne servait à rien de disserter sur l'absence des petits carrés blancs. Que faire pour un réel changement ? Une idée lui vint et il monta à la vitesse d'une fusée dans son bureau pour tenter de prendre des informations sur Internet. Quelle source fiable et enrichissante. Une fois arrivé dans la pièce il tenta en vain d'allumer la machine. Il se rappela après avoir appuyé (...Estevis...) et qu'il n'avait pas pu payer les dernières factures d'EDF. Il descendit  et désespéra, les pieds sur la table basse. Même les choses (...naté...) étaient contre lui ? Alors il resta assis longtemps à contempler cette table basse qu'il avait fait lui-même sans pour autant finir de peindre. Il se rappela des pots de peintures laissés dans la buanderie. Là parmi les chaussettes et autre linge étendu. Il trouva les pots de peinture. Néanmoins les pinceaux manquaient. Il tapa de colère contre les pots et les envoya valser dans tous les coins. Il avait l'air bête entre tous ses (...dims...) et ses pulls en coton. Il se prépara pour aller dîner car il était sûr d'avoir fait les réserves de nourriture dans son frigo. Il ouvrit le frigo et prit un steak. En le faisant cuire, une étincelle jaillit de l'ampoule du dessus, ce que fit tout sauté dans la maison. Alors il monta fâché les marches, se coucha dans son lit. Le Changement, ce sera demain.

Claire 




La réforme était passée, Tom s'en alla chez lui voir Huggy son cochon d'inde. Huggy avait trois ans et après avoir survécu à cinq attaques d'aspirateur et au moins autant de noyade dans le bain Tom décida de l'enfermer. Midi arriva, il consulta l'horaire des bus et se mit en chemin. Sur la route il croisa Robert son vieil ami, tous deux discutèrent devant trois bières. Quand Tom arriva à l'arrêt il se rendit compte qu'il avait au moins noté une bonne dizaine de bus. Il arriva enfin au travail mais là personne n'y était. Il se renseigna auprès du gardien. C'était un vieux grabataire d'au moins soixante ans. Le vieux gardien expliqua à Tom que l'état d'alerte était décrété après qu'un rat de laboratoire eu fait une overdose de sucre. Tom rentra chez lui dépité et attristé car c'est aujourd'hui qu'il devait essayer la nouvelle machine récemment achetée. Arrivé dans son appartement il se fit à manger et attacha Huffy à sa fusée miniature pour des tests psychotechnique sur le cochon d'inde. 23 heures. On frappa à la porte. Tom se elva et alla pour ouvrir quand son pied se coinça dans la table basse et le fauteuil. Il ouvrit la porte et fut surpris. C'était Jack qui revenait de sa montagne qui lui rendait visite.  Ils s'assirent et Jack lui annonça que sa tante était morte et qu'il devait rester en ville dans un motel mais il lui fallait une paire de chaussettes car il n'en avait plus de propre. Après que Jack fut parti, ce fut une dure nuit qui s'annonça. Tom ne dormit qu'à moitié, tourna, (...vira...) dans son petit clic-clac. Quand tout d'un coup une étincelle jaillit du robot ménagé et il prit feu. Le feu alluma la paille de Huggy qui se trouva encerclé. Tom couru au robinet pour secourir son pauvre compagnon, quand il se rappela qu'on lui avait coupé l'eau.

??? 




Crise


La réforme est sans doute un mot à la mode, parce que venant d’en haut elle sonne mieux que « révolution » « annulation » ou « vous avez fait de la merde jusqu’à présent ». N’empêche, oser dire un truc comme « je voudrais une réforme dans notre couple… », c’est tout simplement minable.

Et j’aurai dû le lui dire. Au lieu de m’écraser. J’ai été aussi minable qu’elle.

Ça fait un moment que notre histoire bat de l’aile, c’est vrai. Entre ses horaires et ma fatigue chronique, ça devient pesant. Mais toutes les deux on avait été plus fortes que tous les obstacles jusqu’à présent. Comment une simple vie quotidienne a pu nous ronger à ce point ?

En même temps, le fait qu’au bout de trois ans de vie commune je ne sache pas que ma chère et tendre est du genre à parler de « réforme dans notre couple » veut bien dire qu’il y a un os quelque part, et pas un petit.

Personne ne me reprocherai de jeter l’éponge maintenant, de prendre mes cliques et mes claques et de partir, de planter là celle que j’avais appelée ma bien-aimée, de laisser derrière moi trois ans d’amours, d’engueulades, de fous rires et de silence froids, et de refaire ma vie ailleurs. Et finalement j’en ai assez de sa logique en boîte et de ses solutions de magazine, et j’explose :

_ Tu veux qu’on arrête ? C’est ça ? Si tu me largues, ai le courage de me le dire en face !

Elle plonge un sucre dans sa tasse de café – ça fait combien de temps qu’elle avait arrêté ? A l’époque, elle me disait qu’elle détestait le goût du café sans sucre. Puis elle s’est mise à gémir sur son poids et elle a arrêté. Elle touille avec une détestable lenteur, sans me regarder, et souffle délicatement sur sa tasse. Pas de réponse. Un calme froid. Ça me rend folle.

Ma main a volé comme une fusée sans même que j’ai le temps de comprendre ce que je faisais. Je balaye la tasse. Je l’asperge de café brûlant. Et je hurle.

Je saccage tout ce qui passe à ma portée. Je déchire les livres. Je fracasse les verres. Je brise les pots de fleur. J’arrache les rideaux que nous avions choisi ensembles. Je renverse la table basse. Et je pleure.

Lorsque je m’arrête, mon cœur n’est plus qu’un champ de ruine à l’image de notre appartement.

Elle va me détester, sans aucun doute.

Me traiter de folle.

Avoir peur.

Je tente de m’excuser. Je bredouille, je me perds dans mes mots, dans mes idées. Je ne sais plus si je voulais partir ou si je craignais cette idée plus que tout. Finalement j’arrive à sangloter : 

« Pardon… Pardon… Pardon… »

Elle se lève. Marche sur les débris. J’ai peur que quelque chose ne traverse sa chaussette pour lui entailler le pied. J’ai peur de ce qu’elle va faire. Elle s’approche de moi. Et pose ses mains sur mes épaules.

« C’est pas grave… »

Lentement, elle me serre contre elle et me berce comme un enfant, tout en continuant à murmurer :

« Ce n’est pas grave, mon bébé, ce n’est pas grave, mon cœur, ce n’est pas grave, ma toute belle, ce n’est pas grave… »

Pas grave ? 

Une étincelle d’espoir renaît. Elle continue, l’air de rien :

_ Toi qui ne dit jamais ce que tu ressens… là je pense que j’ai saisi le message…

_ Pardon…

_ C’est pas grave, je te dis… reste avec moi… c’est tout ce que je te demande… reste avec moi… »

Marine 





Pierre en avait marre de toutes ces réformes à la noix qui polluait le service public. Malheureusement, il était quasiment le seul à se battre contre le Ministre de l'Education. Personne ne semblait se sentir concerné par ce qui allait se produire. Seul au milieu de l'atrium, il distribuait ses tracts à qui voulait bien les prendre. Il se trouvait souvent face à des étudiants pressés, des professeurs qui, selon leurs dires, avaient un horaire à respecter (pas le temps pour ce genre de bêtises) et même des personnes travaillant à l'administration, qui entre deux pauses cafés prenaient le temps de se fumer une clope. Pierre ayant fini sa besogne, alla en cours de latin, afin de convaincre ses camarades de promo de se joindre à sa cause. Il entra dans l'amphithéâtre et demanda au professeur de faire une intervention. Mettant un sucre dans le café qu'il amenait toujours en cours, le professeur accepta. Pierre se retrouva face à cinquante élèves déchaînés, qui bavardaient entre eux et qui ne lui prêtaient pas la moindre attention. Certains s'amusaient même à lancer des cartouches au plafond, sorte de mini-fusées qui tenaient grâce à un chewing-gum. Pierre se racla la gorge et se mit à parler. En vain. Il abandonna donc la partie, une fois encore.

"Tous des crétins, des abrutis ignares !" se disait-il à voix basse.

Le cour était à présent fini et Pierre, las, rentra chez lui. Il poussa la porte de son appartement et posa les clefs sur la table basse. Ses deux chats, Tyran et Mitterand, vinrent l'accueillir avec de grands miaulements rauques. Comprenant le message, il alla leur servir leur pâté infecte et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche. Il enleva ses vêtements, jetant ses chaussettes aux chats curieux qui l'avaient suivis. L'eau brûlante lui lava le cerveau et il put enfin se détendre. Toute cette journée l'avait fatigué à un point, qui était difficilement imaginable. Puis soudain, il eut une idée. Une étincelle meurtrière dans le regard, Pierre se rhabilla et tapa sur Google ces quelques mots "Action terroriste".

 Elodie 
Par GAILLARD Florent - Publié dans : DesLyres Angers
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 10:40

La Vallée des spectres


Il y avait peu d'ombres sur le cimetière de Santario. Tout d'abord pour empêcher les visiteurs de rester trop longtemps dans ces lieux funèbres. Les terribles insolations mettaient vite un terme aux jérémiades et au recueillement. On se souvenait des morts dans une tristesse sèche, loin des corps, loin du coeur, dans un vague souvenir craquelé par la fine poussière de sable qui finissait par tout recouvrir. On racontait que les habitants de Santario avait l'âme aussi aride que leur désert, sans prendre conscience qu'il s'agissait pour eux d'un moyen de survivre.

Mais l'étrange spectacle du cimetière en plein coeur des sables, à peine protégé des charognards par un muret d'enceinte et par le squelette d'un cyprès avait une autre explication. Le manque d'ombre empêchait toute liberté aux âmes en peine. L'écrasante lumière du soleil dissipait toute tentative de se matérialiser, et les corps évanescents des fantômes ne trouvaient de moment propice pour surgir qu'à la nuit noire bien tombée, heure à laquelle le désert perdait sa chaleur et demeurais aussi hostile aux visiteurs. Les spectres déambulaient dans leur solitude glacée, sans victime ou profanateur.

Peu d'âmes avait la force de s'extraire de ce lieu isolé et quasiment abandonné. Et peu de fossoyeur soignait leur travail en connaissance de cause. Mais un jeune homme plus insouciant que les autres et une âme moins résignée que la moyenne en arrivèrent à une rencontre que la coutume de Santario aurait voulu rendre impossible.

Sulivan Rey avait toujours eu comme ambition de ne justement jamais en avoir. Cousin éloigné d'une longue famille de dix enfants, il était abandonné à Santario chaque été par ses parents sous le prétexte de consolider les liens familiaux. Il comprit rapidement que sa compagnie taciturne dérangeait ses géniteurs et qu'il ne devait qu'à leur lâcheté ces vacances en plein désert. Mais il s'en accommoda plutôt bien, profitant de la méfiance des autochtones pour occuper le poste de fossoyeur et économiser un petit protocole pour enfin acquérir une liberté bien méritée. Comme les seuls clients se trouvaient être de vieilles personnes desséchées au beau matin, le rythme de travail lui laissait de nombreuses journées à rêver aux nuages qui ne paraissaient jamais dans le ciel.

Sulivan Rey en était là, au fil des années, remplaçant de plus en plus les fossoyeurs de la ville, ne rentrant plus chez lui après les vacances. La tranquille liberté s'accumulait tranquillement sous son matelas, les citadins ne se plaignaient d'aucun fantôme plus enhardi que les autres, et le soleil cramait petit à petit les efforts du printemps et le coeur des hommes.

Puis vint en ville Long Vance Silver qui n'eut pour seul but que de remplir à un rythme effréné le cimetière de la ville. Voulant faire sa loi, il décima la population de Santario et envoya à la fosse tous les coeurs qui n'avait encore asséché leur courage héroïque et leur besoin de justice. Amenant à sa suite d'autres brigands, il confia sans relâche de nouveaux cadavres à enterrer au sol fossoyeur encore vivant, Sulivan Rey.

Les desperados  se mirent à piller et à tuer sans vergogne, mettant la ville à feu et à sang, et rejoignant bientôt la somme de leurs victimes. Long Vance Silver, dans sa folie meurtrière, ne supporta plus la concurrence (malsaine) des autres brigands et se mit à les décimer tout autant que la population. Le cimetière se mit à regorger de tombes fraîches que le soleil s'empressa de soumettre à l'ardeur de ses rayons. Les croix, les oiseaux et les charognards se multiplièrent et Santario devint une ville tout aussi fantôme que son cimetière.

Sulivan Rey fut bientôt le seul homme à oser sortir de jour, pour aller enterrer les corps fraîchement abattus. Les fantômes et les citadins ne sortirent plus que la nuit, lorsque retentissait le lourd sommeil de Long Vance Silver. Mais Sulivan Rey, que le travail acharné et la senteur de la mort rendait amer, décida un beau matin de mettre fin à cette longue carrière de renfloueur de cadavres que traînait Long Vance Silver. un beau matin, alors que le terrible bandit traversait la ville à sa merci, Sulivan Rey arriva dans son dos et lui tira dessus, sans sommation. Le long corps massif de l'assassin de Santario s'écroula dans la poussière de sable et n'en bougea plus. Il fut le dernier cadavre qu'enterra le dernier fossoyeur de la ville.

Car, comme toute âme séparée de son corps par une mort violente, celle de Long Vance Silver ne put s'échapper de la Terre ; elle fut cantonnée au cimetière dont le cours muret ne seyait guère à sa terrible envie de vengeance. Sa colère fut telle qu'une nuit suivant l'inhumation de son corps, Long Vance Silver s'échappa du cimetière.

Sulivan Rey ne put longtemps profiter du calme que son acte héroïque avait rétabli. Alors qu'il rêvait encore à ses nuages, ne pouvant trouver le sommeil, il fut assailli par l'âme en peine du bandit. Ni l'un ni l'autre ne sortit vainqueur de cet affrontement, mais pour qu'un tel combat ait pu avoir lieu, ils en vinrent à partager le même corps.

C'est pourquoi, aujourd'hui encore, plus personne ne s'approche du cimetière de Santario. Car au milieu des tombes, du sable, des charognards et des fantômes à l'errance mélancolique, s'élève une seconde silhouette moins squelettique que celle du cyprès. Le corps de Sulivan Rey, hanté par sa propre âme et celle de Long Vance Silver, continue, encore et encore d'enterrer les nouveaux morts que la ville vient à dépasser au seuil des cimetières, sans ombre pour venir soulager sa peine.

Florent 
Par GAILLARD Florent - Publié dans : DesLyres Angers
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Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /2009 10:36
Lors des longues files d'attente pour les dédicaces au Festival de la BD d'Angers, une consigne a été rapidement donnée pour venir à bout de l'impatience : écrire une courte nouvelle, dans un lieu invraisemblable et sur le thème des fantômes. Voici les deux textes produits à cette occasion :




 

Peurs


« Fais bien attention ! » me dit ce matin ma mère, comme tous les matins lorsque je pars au lycée. Certains parents considèrent que lorsque leur enfant doit accomplir un parcours dangereux, il vaut mieux l’accompagner ou l’amener en voiture. Les miens pensent que dire « fais attention » est une protection suffisante. « Fais bien attention » si vraiment ils s’inquiètent. Et « fais très attention » s’ils ne sont pas sûrs que je revienne en vie. Evidemment, ils n’ont pas peur que je revienne morte. Ils savent très bien que je n’ai pas fait assez de conneries dans ma courte vie pour être condamnée ensuite à les hanter.

A vrai dire, mon trajet est dangereux mais pas tant que ça. Je ne traverse aucun endroit hanté à une puissance supérieure à 2 ectos. Je longe deux maisons hantées à 5 ectos et un parc à 12 ectos, mais je respecte toujours scrupuleusement l’énorme distance de sécurité imposée par les agents du Ministère de l’Ectoplasme. Certains de mes amis friment en franchissant les cordons de sécurité. Ils finissent par ne plus revenir. Même quand on est très fort, on finit toujours par faire un pas de trop… Je ne suis pas très forte et surtout je suis prudente.

Ma rue est hantée à 1 ecto, on a parfois des visions un peu floues mais rien de bien méchant. Par contre, sous le pont, le fantôme est extrêmement net. Une petite fille pendue qui tire la langue. Quand j’étais gamine, elle me terrifiait bien plus que les démons, les chars de feu et les cadavres putréfiés roulant des yeux qu’on pouvait croiser ailleurs. Sans doute parce qu’elle me ressemblait un peu. Son visage était trop noir pour distinguer ses traits mais on avait les mêmes cheveux. Normalement, un spectre aussi puissant devrait depuis longtemps avoir été renvoyé par un exorciste, mais ils sont en permanence débordés et mettent donc la priorité sur les fantômes dangereux. La gamine qui tire la langue est laide et pitoyable, mais pas dangereuse. Elle pendouille là, racontant sa triste histoire à qui veut l’entendre. En passant près d’elle, je met la musique à fond sur mon MP3. Je sais, je sais, il ne suffit pas d’écouter un fantôme pour qu’il se mette à vous suivre partout comme un chien. Toutes les études le prouvent. Mais quand même. Mieux vaut ne pas prendre de risques.

La petite fille pendue, l’accident de voiture – je grimace toujours en traversant les flammes, même si je ne les sens pas –, le chien dévorant son maître. Rien à craindre, rien à craindre, rien à craindre. Si j’osais signaler ces menus obstacles sur ma route, je passerai pour une poule mouillée.

Non, le pire, c’est le parc. La dernière fois, une femme décharnée a tendu le bras, ses griffes ont raclé l’air à dix mètres de moi, mais elle m’a entaillée la joue. 12 ectos. La brigade des exorcistes a en permanence trois agents sur le terrain pour contenir au mieux le noyau hanté, mais ils n’en sont toujours pas venus à bout. Parfois ils lancent une énorme offensive. Ensuite ils essayent de combler leurs pertes. Personne ne sait ce qui s’est réellement passé dans ce parc.

Mais aujourd’hui il se passe quelque chose de différent. Des enfants s’agglutinent devant les cordons de sécurité, eux qui d’habitude ont l’instinct de survie le plus développé. L’enfant qu’ils entourent est si petit que je ne distingue de lui qu’une touffe de cheveux noirs. Je pense à un jeu cruel : les plus grands, unis pour se donner du courage, qui jetteraient le plus petit de la zone interdite. Mais ce n’est pas ça. Pas si je me fie aux cris perçants du gosse qui hurle :

« Laissez-moi y aller ! Moi je sais ! Laissez-moi !!! 

Les autres lui disent qu’il est fou. Qu’il va mourir et hanter ce lieu. Des enfants plus grands le retiennent. Lui est tout petit. Il a quoi, quatre ans, cinq ans ? Il mesure environ un mètre. Un tout petit bonhomme furieux jusqu’aux larmes qui hurle pour qu’on le laisse faire.

_ Ils n’existent pas ! Les fantômes ça n’existe pas ! Tout ça c’est rien que des mensonges !

Les autres enfants crient eux aussi mais on les entend à peine. Je me joins au groupe avec l’envie de raisonner le gosse, saisie de l’importante responsabilité que me donne mon statut de presque adulte. Peut-être à cause de ça, peut-être parce qu’il est content de se trouver un nouveau public à convaincre, l’enfant se calme. Pas pour écouter mes sages paroles. Pour m’expliquer. Et moi, naïvement touchée, je l’écoute.

_ Ils disent qu’il y a des fantômes là. Mais c’est pas vrai. Tout le monde parle des fantômes mais ils existent pas ! C’est comme le Père Noël ! C’est que des mensonges ! Et tout le monde il me ment ! Mais j’ai rien fait !

Son menton tremble et il s’agrippe à moi en éclatant en sanglots. Je crois que j’ai compris. Il doit appartenir à une de ces familles riches qui vivent, à prix d’or, dans les rares endroits à 0 ecto. Il a dû se sauver en accompagnant ses parents à la ville. Autrement dit, il est vraiment en danger. 

Je tente maladroitement de le lui expliquer quand il m’échappe – ce petit démon m’apitoyait pour mieux me glisser entre les doigts. Il se faufile sans mal sous la barrière de sécurité et court à toutes jambes dans le parc, se faufilant entre les fantômes.

Rien ne se passe.

Il se tourne vers nous, résolument planté sur ses jambes, et nous lance :

_ Ah, vous voyez ! Y a rien ! Les fantômes, ça n’existe pas !

C’est impossible…

Pendant quelques secondes, nous restons sous le choc. Je ne sais pas qui commence à crier. Peut-être moi. Peut-être que nous crions tous en même temps. Nous hurlons. Nous l’injurions. Nous lui faisons peur. Il recule. Il se réfugie dans le parc. Il a raison. Nous le haïssons. Il marche sans le voir au milieu des spectres et des démons, des tortures et des torturés, des cauchemars trop atroces pour venir pendant le sommeil. Ces choses n’existent pas pour lui et il n’existe pas pour elles. Il est protégé. Un caillou le rate. Il a peur. Peur des humains. Il a raison. Il pleure. Le suivant l’atteint en pleine tête. Il saigne. D’autres suivent. Nous lançons des morceaux de béton, restes d’une colère ectoplasmique plus grande que les autres sur l’immeuble voisin. Nous sommes si furieux que nous pourrions les arracher nous-mêmes. Beaucoup se perdent. Beaucoup touchent leur cible. Qui ne bouge plus. Lorsqu’enfin nous nous arrêtons, il ne bouge plus du tout. Je ne sais pas si c’est moi qui l’ai achevé. 

Peut-être. Je tire bien.

Marine 

 

 
Par GAILLARD Florent - Publié dans : DesLyres Angers
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 09:36
Nouveaux cadavres exquis. Je ne me souviens malheureusement plus en détail des personnes présentes aux diverses séances. Du coup, les textes qui suivent sont un patchwork angevin de cette année 2008-2009.



//3//

Le verre de coca pétillait dans les yeux de Louise qui ne rêvait que d'une chose si terrible que même les fantômes en tremblaient. Tous les miroirs du corridor sombre et lugubre sortait un bruit très étrange voir même spirituel. Ainsi, en donnant son sang il deviendrait lui aussi un vampire consciencieux et prudent, il fallait tout organiser, rien ne devait être laissé au hasard j'aimais bien ce mot bien que j'en comprenais la portée. J'imaginais le hasard comme un dieu espiègle et douce à la fois. Je me demandais comment elle s'y prenait pour faire la fête et danser toute la nuit. Boire, fumer. Des nappes de fumées enlacées aux alcôves, non loin des douves et des oubliettes. Le courtisan tira les rideaux et défit sa chemise blanche à pois rouge, son pantalon et ses chaussures bleues comme ses yeux. L'art conceptuel ce n'est pas de l'art. C'est pourquoi elle critiqua longuement la façon dont il avait fait la cuisine : rien n'allait. Pas assez de sel, ouais, parfaitement, arrête de toujours ramener ta fraise ! Mais Charlotte finit par en avoir marre de dire des niaiseries à la télé et politique se côtoient jour après jour, s'aiment, se détestent et se retrouvent toujours. Et jamais. Enfin peut-être. Ou pas. Et inversement. Ou le contraire. Disons toujours. Elle passa ensuite chez son coiffeur puis chez sa manucure pour finir. Dans ce bel ensemble orchestral, le tambourin n'avait guère sa place, alors, il gara sa voiture ailleurs dans une rue parallèle pour aller à la boulangerie. Le malheur était fini pour la famille Battaglia. Plus jamais ils n'iraient à la mine.

//

Les rats envahirent les égouts par centaines. Des hordes et des hordes de rongeurs atteints de la maladie du sommeil, il passait sa journée entre son lit et ainsi il prit sa trottinette pour aller chercher son pain dans ce lieu qu'il aimait tant se retrouver dans cet endroit qu'il avait tant fréquenté dans son enfance elle l'avait réservé à la bibliothèque, car Sarraute. La petite Nathalie elle en tenait une couche avec ses bouquins à l'eau de rose et de lys délicatement posés sur sa peau. C'était le plus beau cadeau qu'on lui avait offert. A cela s'ajoutèrent vingt-huit rubis sertis sur un diadème d'or diapré. Le roi continua sa promenade nocturne accompagné de son fidèle chien Raymond. C'était un gentil garçon Raymond, seulement il n'avait plus toute sa tête, et tous ses pieds mais aussi tous ses cheveux et toutes ses dents. La fée des souris en avait des milliers, depuis qu'elle avait débuté sa carrière, notre amie avait dû s'entourer de gobelins et lutin. Elle était même côté en bourse aux livres de 2007. Et un bouquin de math et un autre de science et vie junior qui était sûrement un des magazines les plus intéressants au monde. La boussole tressaillit et demeura inerte jusqu'à la fin du voyage, condamnant les aventuriers se trouvaient dans le tombeau de Ramsès, ils échangèrent les crânes, bouffés par les vers, rongés par les hyènes. Tout n'était que triste et pauvre désolation. Tristesse et désespoir étaient les seuls sentiments qu'il avait pu ressentir. La peur et la souffrance au fond de son coeur et merde ! Je pris donc le pistolet sur la table de la cuisine, et me tirai une balle dans la tête. Net et efficace.

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Ils enfilèrent leurs manteaux et s'engouffrèrent dans le froid de l'hiver. La nuit, Pierre avait peur du noir donc sa maman lui chantait la carioca. Mais son public trouvait qu'il chantait faux et souvent il chassait les mouches avec sa tapette et s'amusait à compter les cadavres exquis. "Délicieux ce Bourgogne !" déclara Humphrey avant de reprendre la plume. Après avoir écrit cette longue lettre, il se leva et alla près de son chat. A bord du navire, Rosa mit aussitôt son gilet de sauvetage afin que de bonté dans ce si joli monde, que d'ironie et de sarcasmes dans cet univers, il est grand et moi je suis tout petit, se dit la puce. Je peux fait des sauts du petit lapin, je bloquais devant la chanson de Titou qui sans cesse chantait "foi de lapinou !" Mais la carotte restait introuvable, il se devait de partir à sa recherche. Une loupe à la main il passa en revue les étagères à l'affût de la moindre poussière était aspirée par ce formidable aspirateur et balayée par le petit chemin tortueux que prit Lancelot. Peut-être se trompait-il mais peut-être que oui, peut-être que non, on ne pouvait jamais savoir ce qui lui traversait l'esprit. Il devait tuer Rebecca par strangulation peut-être qu'il était mort ! En même temps, avec les deux yeux crevés, il ne pouvait pas aller plus loin que là où l'eau s'arrêtait étant donné qu'ils étaient dans un bateau, le premier tombe à l'eau. Qui est-ce qui reste ? Hum, hum, vous mangerez bien avec moi et votre ami aussi. Ils passèrent la journée là-bas puis rentrèrent tout deux chez eux. 

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Il était une fois dans la forêt des rêves bleus un chahuahua. Il avait de grandes oreilles roses et il lui arrivait parfois de rater sa vie. Elle errait dans les rues de New York seule et surtout mélancolique à en mourir. Un poète de passage lut les textes et se jeta dans la Tamise. Big Ben sonnait midi, Mona s'en alla chercher des fraises et des carottes. Cependant elle ne voulait pas manger de légumes car elle pensait que la verdure et les champs de coquelicots sous le doux soleil printanier étincelaient de milles feux. Opale la reine des oies avait revêtu son habit de guerrière et portait du blush, du fard à paupière, du mascara, du rouge à lèvre, et même du labelle à paillette mulh flashy effet méga star d'Hollywood. Tu veux être cool ? Sois moi ! Deviens moi ! Sois ma puissance ! Mon trône est à toi, mes pensées seront tiennes et Maurice se baladait tous deux, pendant que leurs femmes faisaient la vaisselle fut faite pas tous. Tout le monde participa dans une ambiance gaie et joyeuse. Tout ce petit monde s'enivrait de la joie de ces retrouvailles tant attendues, leur arrivée allait faire du bruit de l'alarme incendie. Pris de panique, il sortit en courant de la pièce de théâtre du moment. Les acteurs avaient repris une pièce de l'Histoire Antique, le plus vieux du monde, sans aucun doute. Peut-être même qu'Aristote y avait posé ses yeux sous sa robe de gitane, Quasimodo s'en alla sonner ses cloches de Notre-Dame sonnèrent pour finir leur heureux mariage, mais une colombe vint s'écraser sur sa robe blanche.

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J'ai décidé aujourd'hui de prendre de bonnes résolutions ! J'ai commencé par un jeu des plus fou fou de la terre adoré par Eric : le cache-cache. Puis les enfants essayèrent le "un, deux, trois Soleil !". Mais la pluie vint les Dalton accompagnés de deux autres prisonniers. Il revenait toutes les six heures ils prirent le métro pour aller à la Tour Eiffel mais se perdirent lorsqu'enfin elle comprit que rien ne comptait plus pour lui que l'amour d'une soeur, Antoinette allait prononcé ses voeux, finie la vie à l'extérieur et bienvenue au pays de la rédemption des pauvres pécheurs. Jésus Christ lui-même a dit une fois que les gens dansent devant moi ! Je suis le maître du territoire, je suis leur grand dieu. La laisse ne tint pas et le maître dut courir après son animal, poursuivant lui-même un canard. Une poule picorait son blé, un lapin mangeait sa salade verte avec des tomates, du maïs, un peu de riz et du jambon, voilà c'était la fin de tout, la fin du monde, la fin des rêves, l'apocalypse. Selon Saint-Jean, prenez votre bible à l'épître. Le petit oiseau se prit les pattes dans les brindilles et s'écrasa lamentablement sur le trottoir d'en face, touchée par deux balles de revolver en plastique. Il les posa sur le rebord. Un message l'attendait sur le répondeur. Un voix dit : 
"Vous avez des pommes de terre et des carottes ?"
"Oui j'en ai bien quelques-unes."
"D'accord alors, viens avec celles que tu as, ce sera déjà bien."
Ensuite ils sortirent de la mairie main dans la main, elle semblait heureuse, souriante, elle plongeait ses yeux dans ceux de l'être aimé sans se douter alors qu'elle commettait la pire erreur de sa vie.

// 

 

Dans la forêt, il y avait un balcon, qui faisait penser à la mer et aussi elle emporta son appareil photo et s'habilla de sa plus jolie robe, qui était en solde Perdita la voulait. Elle se voyait déjà devant le jukebox avec Mumu et la balafre, la même qu'Harry Potter ! En bonne fan que je suis, je m'essayais à toutes les us et coutumes de cette contrée étrange. Elle se sentait libre. Enfin libre ! Les trois forçats, boulets en main, traversèrent un champ de blé. L'un dit :
"Bonjour monsieur le maire."
Il lui répondit :
"Bien le bonjour comment vas-tu ? Il fait beau par chez toi ?"
"Non ici ce n'est pas terrible et angoissant. Le garçon tremblait dans l'attente d'un destin incertain tel était l'avenir en cet hiver de 1830, l'année où tout avait commencé. Elle prit son fusil et se mit à canarder avec mon AK-47 tous les ennemis du terrain. Ils doivent tous mourir ! Mais se refusant à un tel sort, il se mit à prier, ce qu'il n'avait jamais fait de sa vie. La mouche s'en alla enfin vers ce doux et bon morceau de steak bien saignant. Voilà de quoi ce prisonnier rêvait. Ca lui donnait l'eau de pluie dégoulinait le long de son anorak rouge et son parapluie était cassé la voix ! Oh Cassé la voix" hurlait le poste de radio et d'émissions télévisées. Edith Piaf soutenait que le but de la manoeuvre militaire qui s'annonçait mal. Le caporal Gare décida de supprimer un mutin. Le capitaine le jeta par-dessus bord et le calme revint sur le bateau qui arriva à temps, à bon port.

//
 
Un jour de printemps, le soleil me brûlait la peau, je décidais de ce trou sortit une petite souris blanche qui s'appelait Ursula et qui dansait autour du feu. La plage était petite, entourée de falaises et le ciel, que tu es bête ! Dieu que tu es moche, si seulement trois fois par jour ! Et puis la soupe, j'avoue, me ressortait par les trous de nez !
"Mais t'es qu'un sale gamin", hurla sa mère. Elle s'approcha de lui et le gifla. La claque résonna dans toute la pièce. La douleur cuisante vira au rouge sur le visage de la sauce madère avec des pommes de terre. En dessert un joli gâteau marbré ayant l'air vraiment succulent mais Sandy voulait savoir en quoi il s'était trompé et pourquoi toutes ces choses s'étaient organisées, pour l'anniversaire des trois filles Pimprenelle, Bagatelle de cinquante euros seulement ! Et après on s'étonnait que les sous manquaient à la fin du fin, il se réveilla en sursaut et jeta malencontreusement sur sa femme le pop-corn. La gamine se jeta sur le cornet et s'en empiffra à pleine poignée. Le film toucha à la vitre de la cheminée et se brûla. Il hurla jusqu'à ce que sa mère aurait tué en l'écrasant avc sa voiture. Pleurer cette pute était inutile et hors contexte. Son discours était faux, sans aucun sens. Des huées se firent entendre, un fracas qui venait du bâtiment sud-africain. Boubo aimait les bananes sucrées et surtout le café au lait avec les oeufs le faisait vomir. On ne pouvait mélanger ce qui venait d'une vache et d'une poule. Il fallait être fou...

Collectif DesLyres Angers 
Par GAILLARD Florent - Publié dans : DesLyres Angers
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Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 10:13

 

 

 

Des lyres

 

Le réveil sonne ! Ce matin n’est pas comme les autres. Je suis heureuse de me lever. Les vacances sont enfin arrivées. Je regarde par la fenêtre.  Toujours la même image : les murs. En ville, être chez soi ou dehors, c’est pareil : toujours entre quatre murs ! Mais tout à l’heure, fini le labyrinthe en briques et à moi le doux été que j’attends avec impatience. Cette année, j’ai décidé de partir toute seule pendant une semaine. J’ai besoin de réfléchir et de me retrouver. J’ai loué un petit chalet dans le Lot. Je vais être isolée et pouvoir savourer les cadeaux de l’été : les couleurs, le parfum des fleurs, les cieux étoilés, le chant des oiseaux et celui des grillons. Vite, je vais préparer mes bagages. 

 

Mes affaires sont enfin prêtes. Une dernière vérification pour être certaine de ne rien avoir oublié. Je fais le tour de mon appartement. Les robinets sont bien fermés et le gaz est bien éteint. Je crains toujours de tout retrouver en catastrophe. Tout est bon ! Je peux enfin partir rassurée. Comme d’habitude, les voitures vont dans tous les sens. Leurs odeurs et le bruit me sont très désagréables. Une foule de gens encombre les trottoirs. Paris est comparable à une fourmilière d’humains. Tout le monde marche vite. Personne ne prête attention aux autres. Vivement que je sois arrivée. Bientôt fini le capharnaüm de la ville !

 

Après sept heures de trajet, j’arrive enfin dans le Lot. Je suis le plan qui m’a été transmis. Le chalet se trouve au bout d’un petit chemin en terre nommé « le chemin des pensées ». De loin, je commence enfin à apercevoir la petite maison en bois. Le paysage est magnifique. Je suis impatiente de découvrir la région. La propriétaire, Madame Boqueur m’attend sur la terrasse. Je descends de la voiture et je me dirige vers elle :

- Bonjour Madame Boqueur.

            - Mademoiselle Amont je présume. Le trajet s’est il bien passé ?

- Un peu long. J’étais très pressée d’arriver.

- Pouvez vous signer ici et je vous remets les clefs. Je vous donne aussi ce papier sur lequel sont inscrites certaines consignes à respecter durant la location. N’hésitez pas à m’appeler si vous avez besoin de renseignements ou un problème quelconque.  Veuillez m’excuser de ne pas rester plus longtemps mais j’ai quelques obligations. 

- Je vous remercie Madame.

- Bon séjour et à bientôt. 

- Au revoir !

Madame Boqueur repart et me voila seule dans un endroit qui m’est totalement inconnu.

 

Sur le mur de l’extérieur est accrochée une pancarte sur laquelle est inscrit « Bon Temps ». Cela me donne plein d’espoir. Je rentre à l’intérieur pour visiter. La pièce est assez grande. D’un côté il y a une petite cuisine, au milieu une salle à manger, de l’autre côté un petit salon et une petite mezzanine où se trouve le lit. La vue de chaque fenêtre est magnifique. Au loin, j’aperçois des champs, la forêt, des plaines et une grande falaise. J’entends le chant des oiseaux. Je décide de sortir pour visiter les environs. A peine dehors, je respire une grande bouffée d’air pur. Tout est calme. Je me sens bien.

Le soleil brillant donne l’impression  de résonner avec la nature et les fleurs semblent lui sourire. Je trouve un coin où l’herbe est moelleuse et je m’allonge. Le ciel est d’un bleu sublime. Je ferme les yeux et commence à songer. Que va m’apporter cette semaine de solitude ? Vais-je changer ? Suis-je individualiste et pressée comme les gens de Paris ? Pourquoi me poser toute ces questions ? Je suis bien, allongée ici. J’ai l’impression de ne faire plus qu’un avec la nature. Je ramasse une marguerite. Je la regarde. Pourquoi ne parle t’elle pas ? Suis-je indifférente à ses mots ? Apparemment les pétales savent révéler les sentiments de l’être aimé. Mais aucun homme n’a encore touché mon cœur. Je décide alors de détacher un à un les pétales en espérant qu’ils me révèleront qui je suis? Je commence à ôter les pétales en récitant les caractères de ma personnalité : je m’aime, je ne m’aime pas, douce, songeuse, volontaire, déterminée, aimante, intelligente, attentionnée. Je continue mais le dernier pétale s’arrête sur trop rêveuse. Je laisse tomber la fleur. Il est vrai que mon imaginaire prend beaucoup de place dans ma vie. Je retourne dans le chalet. Je m’assois, commence à lire et je m’endors.

 

Je me réveille en sursaut. Je tiens encore le livre posé sur mes genoux. Une fois de plus, mes rêves ont dominé les dix dernières pages. Impossible de m’en souvenir. Je me suis arrêtée sur la description d’un doux paysage printanier. Pour moi, l’univers des livres est semblable aux petits tourbillons qui soulèvent les feuilles tombées des arbres durant l’automne. Je me laisse souvent emporter par les mots avant d’être poussée par le souffle de mes rêves. Je referme le livre. Il est déjà vingt heures. Je me dirige dans la cuisine pour me préparer à dîner. 

La nuit commence à tomber. Au loin j’aperçois le couché du soleil. Les couleurs roses et orangées rendent le paysage gracieux. Si je savais peindre, j’immortaliserais cet instant. Je retourne m’allonger dans l’herbe tout en laissant chaque brindille me chatouiller les bras et les jambes. Le silence est mélodieux. Il fait enfin nuit. Le ciel étoilé est fabuleux. Je n’ai jamais vu autant d’étoiles. C’est un des endroits de France où il n’y a aucune grande ville à proximité pour illuminer le ciel. Quelle chance d’être ici. Une étoile filante vient de passer juste au dessus de moi. On dit toujours qu’il faut faire un vœu. Je n’aime pas cette coutume. A ce moment précis, le seul vœu qui me traverse l’esprit est de revoir encore plein d’étoiles filantes car ce spectacle est sans égal. Je décide d’aller me coucher.

 

J’ouvre le volet. Le soleil est déjà levé depuis longtemps. Une belle journée semble se préparer. Je sors sur la terrasse afin d’apprécier pleinement la vue. Soudain, parmi le chant des oiseaux et celui des grillons, j’entends de la musique. Le son ressemble à celui d’une harpe mais quelque chose est différent. Je devine enfin que quelqu'un joue de la lyre. Je commence à me diriger vers l’endroit d’où provient le son. Je traverse une partie de la forêt qui me semble bien calme ce matin. Les arbres sont immobiles. Tout est silencieux. La forêt me donne l’impression d’écouter la mélodie. Je me rapproche de plus en plus. Ca y est, la musique provient d’ici. Je regarde tout autour de moi mais il n’y a personne. Je remarque un petit ruisseau au pied d’un gigantesque Saule pleureur. Je n’en ai jamais vu d’aussi magnifique. Le reflet du soleil dans les feuilles de l’arbre lui donne une couleur dorée. Le Saule pleureur dégage quelque chose de magique. J’ai l’impression qu’il m’attire vers lui.

Au pied de l’arbre, je remarque un rocher. Je décide de m’asseoir pour continuer à écouter la lyre. En me dirigeant vers lui, involontairement je marche sur une branche séchée. Le bois fait un gros craquement. Alors, la musique s’arrête tout à coup. Je m’assois quand même sur la pierre. Aussitôt, quelqu’un se met à parler :

               - Il y a quelqu'un.

La voix semble venir du saule pleureur. Je me lève pour regarder derrière mais il n’y a personne. Ai je rêvé ? Je décide de répondre.

           - Je suis Sophie.  

Aucune réponse. Je n’entends plus un bruit. Je commence à avoir peur. Est-ce une blague ? Je répète à nouveau ma réponse.

           - Je suis Sophie.

Toujours aucune réponse. Je m’impatiente de plus en plus. Je décide d’attendre une minute avant de repartir. Je me lève et au même moment, quelqu'un me répond.

     - Qu’est ce Sophie ?

Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris.

     - Sophie est mon prénom.

     - Qu’est ce un prénom ? 

     - C’est un mot utilisé pour me différencier des autres. 

- Moi je n’ai pas de prénom. Ce qui me différencie des autres ce sont mes feuilles, mes branches, le dessin de mon écorce.

A ces paroles je comprends que je suis en train de parler à un arbre qui me répond. Comment est ce possible ? Suis je folle ?  Une énorme angoisse m’envahit. Ai-je pris des risques en venant seule dans une région qui m’est inconnue. L’envie de vite rejoindre le chalet surgit en moi. Cependant, je veux savoir si la voix est bien celle du saule pleureur. 

            - Es tu un arbre ?

            - Oui, je suis un arbre. Et toi, tu es un être humain car seul un humain utilise le même langage que le tien. Les autres espèces de la nature utilisent tous le même mais il est très différent du vôtre. Me permets tu de te poser une question ?

            - Bien sûr. 

            - Si tu t’appelles Sophie pour être distinguée des autres humains, cela veut- il dire qu’ils sont tous identiques à toi ?

            - Eh bien non ! Chaque être humain est différent et unique. Je ne ressemble pas à tous les hommes. Nous avons tous des yeux différents, ou bien les cheveux, le nez et même l’odeur.

            - Alors à quoi te sert ton prénom ?

            - Il sert à m’appeler. Il fait partie de mon identité.

La chose la plus extraordinaire de ma vie est en train de se produire. Je converse avec un arbre !

            - Peux tu me donner un prénom ? Moi aussi je suis unique comme chaque arbre de cette forêt. 

            - Je veux bien t’appeler Parole car tu es un arbre qui parle.

            - Mais tous les arbres parlent. Les êtres humains ne savent tout simplement pas écouter. Chaque arbre de la forêt discute avec les oiseaux, les insectes, le soleil et la pluie.

A ces mots, je suis très surprise. L’homme serait il sourd devant la nature ? Je commence à me sentir étrange. Je décide de retourner au chalet. Je promets à Parole de revenir le lendemain.

 

De retour au  chalet, je me sens bouleversée par ce que je viens de vivre. Ai je vraiment parlé avec un arbre ? L’homme peut il vraiment communiquer avec les autres « êtres » vivants de la nature ?  Je doute encore beaucoup. Il est déjà midi. Je me prépare à déjeuner. Je suis assise à la table lorsqu’une mouche atterrit dans mon verre d’eau. Elle se débat pour sortir du verre mais elle n’y parvient pas. Je décide de l’aider en la sortant de l’eau. Je la tiens au bout de mon doigt mais elle ne bouge plus. Je souffle tout doucement sur elle pour la sécher. La mouche se remet à bouger. Elle est sauvée ! Je me souviens de ce que Parole m’a dit sur les insectes. Alors, je tente de parler à la mouche mais elle ne me répond pas. Je secoue la main violemment pour la faire s’envoler mais elle ne semble pas vouloir me quitter. Je lui caresse les ailes mais elle ne bouge toujours pas.  La mouche a l’air de me faire confiance. Peut être me remercie t-elle de l’avoir sauvée ? Elle reste sur moi comme si elle se sentait protégée. Cependant, j’aimerais bien manger. Je sors dehors et souffle sur elle. Elle ne s’envole toujours pas. Je la dépose sur le muret de la terrasse et je retourne finir mon déjeuner.

 

 

L’après midi, je décide d’aller randonner. Je prends soin de ne pas oublier du papier et un crayon. Il m’arrive souvent d’écrire. Je découvre une rivière au pied d’une falaise. Le bruit de l’eau est reposant. Je profite du charmant chemin que je parcours. Au loin j’aperçois une prairie sur laquelle je décide de m’aventurer. Je m’assois par terre. Je sors un papier et un crayon de mon sac puis je commence à écrire un poème : 

 

Douce nature tant harmonieuse

L’été fait danser toutes tes couleurs

Tu es si douce et si charmeuse

Que tu fais fleurir en moi le bonheur

J’ai marché doucement dans ta forêt

Suivant la mélodie d’une lyre

Un grand saule pleureur j’ai rencontré

De sa sagesse, il m’a fait pâlir

L’homme est il vraiment sourd devant toi ?

Oh nature, tu es si mystérieuse

Est-ce un secret qui s’éveille en moi

Ou un piège afin d’être moqueuse ? 

 

 

Le lendemain, je retourne auprès du Saule pleureur. En me rapprochant de la forêt, j’entends à nouveau le son de la lyre. Cette mélodie est divine. Je m’assois sur la pierre afin d’écouter. Quelques minutes s’écoulent avant de commencer à parler.

 

      - Est-ce toi Parole qui joue de la musique ?

      - Ce n’est pas possible Sophie. Je suis un arbre. Ce que tu entends est un de mes souvenirs que je partage avec la forêt.

            - Quel âge as-tu Parole ?

            - Qu’est ce l’âge ?

            - L’âge est le nombre d’années que l’on a vécu. 

            - Qu’est ce une année ?

      - L’année est déterminée par un nombre de jours précis.

            - Alors j’ai beaucoup de jours et de nuits. Et toi Sophie ?

            - J’ai vingt quatre ans.

      - Mais à quoi te sert il de savoir que tu as vingt quatre ans ?

            - Je ne sais pas. C’est peut être une façon de se repérer dans le temps de la vie.

            - Je ne comprends vraiment pas les êtres humains. Le temps se vit, il ne se compte pas. Crois tu Sophie que le soleil s’amuse à savoir combien de jours il vit ?

            - Non, surtout que pour le soleil, il fait toujours jour !

Parole a raison. L’homme a apprivoisé la nature. Il s’est basé sur des phénomènes naturels pour former le culturel. Il a nommé quatre saisons et il se retrouve paniqué lorsqu’il fait trop chaud au mois d’octobre alors que c’est tout simplement naturel. Il a inventé le calendrier. Puis l’heure dont le résultat est une course après le temps. L’homme construit des murs autour de lui. C’est sûrement cela qui l’empêche d’entendre la nature. 

Je retourne au chalet. Je n’arrête pas de penser à Parole. Il semble connaître tant de choses. Est-ce ça ce qu’on appelle la sagesse d’un arbre ? L’Homme a fait ses choix depuis longtemps. Beaucoup de questions se bousculent dans ma tête. Demain, je vais retourner au pied du saule pleureur. Il semble connaître beaucoup de vérités que j’ignore.

 

Cet après midi, je pars visiter une grotte. Ainsi, je découvre des dessins préhistoriques. Il y a même une trace de pas d’une petite fille datant de la préhistoire. Je suis toute admirative devant ce spectacle existant depuis plusieurs milliers d’années. A la fin de la visite, je vais rencontrer le directeur de la grotte pour lui poser quelques questions. Il m’invite gentiment à visiter certaines parties de la grotte interdites aux visiteurs. J’accepte tout de suite sa proposition. Nous commençons par descendre dans un tunnel très étroit. Je dois faire attention aux stalactites et aux stalagmites afin de ne pas me faire mal. Tout est si sombre. C’est le genre d’endroit dans lequel sans lampe, l’obscurité est complète et il n’y a aucune chance de survie. Nous arrivons enfin dans une galerie dans laquelle nous pouvons nous tenir debout. J’utilise la lampe torche pour regarder tout autour de moi. C’est magnifique. Les stalactites et les stalagmites ont des couleurs brillantes. De longues racines des arbres au dessus de nous sont apparentes dans la grotte. Nous faisons enfin demi tour. Je commençais à me sentir un peu angoissée sous la terre !  En sortant de la grotte, le soleil nous éblouit. Toute contente, je remercie le directeur de m’avoir permis d’observer d’autres merveilles de cet endroit. Le soir arrive vite et je décide de dormir tôt.

 

Je me réveille en sursaut. Je regarde l’heure. Il est déjà midi. Je mange un peu et je pars voir Parole. Aujourd’hui, il est encore plus beau que les jours précédents. Le soleil donne l’impression d’un murmure sur chacune de ses feuilles.

            - Parole, c’est Sophie.

      - Oui, je t’ai entendu arriver. Me permets tu de te conter une histoire aujourd’hui ?

            - Avec Plaisir.

         - Je vais te raconter l’histoire de la terre. Ce récit m’a été transmis par la pierre et l’eau. Tout a commencé avec le néant. Un jour une graine contenant l’eau, l’air, la terre et le feu est apparue dans l’univers. Ces quatre éléments vivaient dans un noyau. Mais l’entente entre les quatre éléments n’était plus possible. Alors, ils décidèrent de se séparer. Le noyau explosa dans l’univers. Ainsi se formèrent des milliers d’autres noyaux faisant naître les planètes, les étoiles, le soleil et la lune. Chaque planète se développa comme un fruit. Cependant, seule la terre trouva un équilibre et un accord avec tous les éléments. L’eau, la terre et le soleil commençaient à s’ennuyer. Des milliers d’années passèrent, lorsqu’un jour de nouveaux éléments apparurent. Ils eurent l’idée d’assembler des éléments entre eux. Ainsi, la nature, les poissons, les dinosaures et les insectes naquirent. Les quatre éléments ne furent pas satisfaits de leur création car les dinosaures ne discutaient pas avec eux. Alors, le soleil demanda au temps de créer une nouvelle ère. Les insectes, les poissons survécurent et la nature repoussa très vite. De nouvelles créatures  apparurent. Puis un jour l’homme sortit de l’eau. Tout commença à être harmonieux sur la terre. Les quatre éléments furent satisfaits. Ils purent enfin communiquer avec les hommes, les animaux et toutes les plantes. Seulement, les hommes se détournèrent des éléments car ils avaient peur. Ils étaient sans défense devant la hauteur des arbres, les animaux sauvages et les violences naturelles. Aujourd’hui, les quatre éléments continuent à vous observer et vous parler mais vous ne savez plus entendre depuis longtemps.

            - Merci de m’avoir conté cette histoire Parole. Je dois rentrer maintenant.

Je suis émue par l’histoire de Parole. Il faut absolument que je rentre au chalet. J’ai besoin de réfléchir. D’après Parole, la terre est comme un fruit. Toutes ces idées commencent à me mettre mal à l’aise. Après ce qu’il m’a dit, je n’ose plus manger de fruit ou de viande. Je me repose un peu. Lorsque j’ouvre les yeux, la nuit a commencé à tomber. Je sors dehors et j’observe les étoiles. La voie lactée est très apparente ce soir. D’un seul coup une idée me traverse l’esprit. La voie de l’homme est peut être de se nourrir seulement avec du laitage. Je rentre dans le chalet pour manger un bout de fromage et un yaourt. 

 

La semaine est passée vite. Je repars déjà aujourd’hui. J’ai dit au revoir à Parole. Je pense ne jamais le revoir. Cette idée m’attriste beaucoup. Parole m’a tant appris sur la nature et la vie. Je boucle ma dernière valise. Je suis enfin prête. J’ai vu Madame Boqueur ce matin et je dois passer lui remettre les clefs. Je regarde une dernière fois le charmant paysage de mes vacances. Je monte dans la voiture et je commence à partir. Arrivée au bout du chemin, je ressens un pincement au cœur. Parole et la douce nature du Lot vont me manquer. Plein de questions surgissent en moi. Vais-je pouvoir revivre dans une grande ville ? Ne suis pas plutôt destinée à vivre en pleine nature ? Sinon à quoi me servent toutes ces discussions avec Parole ? Il faut en parler au monde entier afin qu’il sache la vérité. 

Le lendemain matin, je mets quelque seconde avant de me souvenir que je suis à Paris. Je prends mon petit déjeuner avant de sortir faire quelques courses. De nouveau dehors dans les rues de Paris, je me sens mal à l’aise. L’air que je respire me donne l’impression de m’empoisonner. Finies les odeurs des fleurs que je respirais encore hier. Rien n’est calme dans cette ville. Toutes les cinq minutes, on entend klaxonner. Les gens sont stressés et ils marchent à toute allure. Pourquoi suis-je rentrée ? La vie est vraiment faite de contraintes. Quelle chance a Parole de ne pas connaître tout ça. Je commence à me sentir étouffée par les murs qui bordent toutes les rues. J’ai l’impression que mon visage est tout attristé. Alors je continue à marcher tout en essayant d’être discrète et de fuir les regards.

Le soir, je pars dîner chez mes parents. Je suis heureuse de les revoir et impatiente de leurs raconter mes vacances. Arrivée chez eux, je suis accueillie à bras ouverts. Nous nous installons dans le salon pour prendre un apéritif. Je commence à leur détailler mes vacances. Tout d’abord, je leur explique toutes mes visites. Puis j’en viens à Parole. A ce moment là, mes parents me jettent des regards inquiets. J’ai l’impression qu’ils ne me croient pas. Je continue tout de même. Puis je leur apprends aussi ma décision de ne plus manger autre chose que des produits laitiers. A ce moment là ma mère réagit.

      - Tu ne te rends pas compte Sophie que tu te fais du mal à ne plus manger équilibré. Et s’il y a des fruits et des animaux dans la nature, c’est pour que l’homme puisse se nourrir.  Tu ne vas pas bien du tout. Ton histoire avec Parole est incroyable. Je pense que tu es malade. Ce genre de chose peut arriver à n’importe qui. Ton père et moi allons t’aider. 

Je comprends alors l’ampleur de mon histoire. Mes parents, ont-ils raison de s’inquiéter ainsi ?  Nous passons à table. Pour leur faire plaisir, je me nourris normalement. A la fin du repas, je décide de rentrer chez moi mais mes parents me forcent à rester dormir.

Le matin, ma mère me réveille à neuf heures. Dans son regard, je devine qu’elle a discuté avec mon père au sujet de Parole. Mon père m’attend à la table. Le petit déjeuner est prêt. Ma mère s’assoit avec nous. Ils n’ont pas l’air très bien. Il commence à me parler.

            - Sophie, nous avons pris une décision en ce qui te concerne. Nous avons appelé l’hôpital psychiatrique ce matin et les médecins t’attendent.

Je ne leurs réponds rien. Je continue à manger mes tartines. Au bout d’un moment, je lève la tête et je leurs souris. Après le petit déjeuner, ils m’emmènent. Dans ma tête, je me répète la même chose : je n’ai pas rêvé. Pour moi Parole était bien réel et personne ne pourra me faire changer d’avis. Arrivé à l’hôpital, une dame nous accueille. Elle me fait visiter les lieux et elle me montre où se trouve ma chambre. Mes parents me saluent tout en me promettant de me rendre visite le lendemain.

Après avoir passé une semaine seule dans le Lot, me voici seule dans une chambre à l’hôpital. J’aimerais convaincre mes parents au sujet de Parole. Mais je sais que c’est inutile. Je ne vais jamais rien pouvoir révéler au monde entier car je serais considérée comme une folle. On frappe à la porte. Une infirmière au visage très doux vient m’annoncer que le psychiatre m’attend. J’arrive dans son cabinet.

            - Bonjour mademoiselle !

 - Bonjour monsieur !

            - Vous êtes Sophie Levernier.

      - Oui.

      - Pourquoi êtes vous là ?

Alors, je lui raconte mes vacances et toutes mes discussions avec Parole. Il est très attentif à tout ce que je lui dis. Par moment, je le vois même sourire. Peut être me croit-il ? Je finis mon histoire. Il commence à me répondre.

      - Entendez vous encore des voix ?

            - Non ! J’entendais seulement la voix de Parole.

            - Je pense mademoiselle que vous avez eu une bouffée délirante. Ne vous inquiétez pas, il n’y a rien de grave. Je vous revois demain.

Je lui serre la main pour le saluer. En sortant de son cabinet, je suis un peu perdue. Cependant, je continue à me persuader que je n’ai pas rêvé. 

 

De nouvelles interrogations traversent mon esprit. Que fais je ici ? Je devais passer des vacances toute seule pour me retrouver. Au lieu de ça, je me retrouve à l’hôpital. Il y a un petit patio où les gens sortent pour fumer. Je décide d’y aller car il y a une partie « jardin »  recouverte l’herbe. A la recherche des sensations que j’ai connues dans le Lot, je m’allonge. Je pense à nouveau à tous les bons moments passés pendant mon séjour. Je me promets alors de repartir aux prochaines vacances. Mes parents, toujours attentionnés, m’ont laissé un poste afin d’écouter de la musique. J’en profite pour faire découvrir de la musique classique aux autres patients. Je leur passe un cd de Satie. La musique est délicate et je me laisse transporter par le son du piano. 

 

Une semaine s’est écoulée. Les rendez vous avec le psychiatre me font douter de plus en plus. Tout en continuant à m’interroger au sujet de Parole, je finis par affirmer que tout était le fruit de mon imagination. Le psychiatre et mes parents ont donc discuté ensemble. Je peux enfin rentrer chez moi. De retour dans mon appartement, je me sens encore étouffée par mes quatre murs. Je tourne en rond. Il faut que je fasse quelque chose. Je ne peux pas laisser les gens dans l’ignorance. Mais il est trop tard, l’homme a déjà choisi sa manière de vivre. Beaucoup trop de gens ne s’intéressent pas à la nature. Ils préfèrent se créer des besoins. J’ai vécu une expérience extraordinaire en discutant avec Parole. Maintenant, tout est fini. Il ne me reste plus qu’à accepter la dure réalité de la vie. Je me promets, tout de même, de partir bientôt de Paris pour vivre à la campagne. La routine de la ville devient de plus en plus insupportable. Pourtant, je commence à me poser beaucoup de questions au sujet de Parole. Ai-je vraiment parlé avec un arbre ou était ce un délire ?  

 

Céline en décembre 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Céline
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /2008 22:56

Voici un texte touchant d'Elodie, en participation libre :






Et c'est parti pour vingt minutes d'attente, pensais-je. Quelle idée aussi de prendre le but dans le mauvais sens, faut le faire...

Je maugréais contre moi-même en jetant mon mégot par terre, lorsque sa silhouette se profila au loin.

Encore un.

J'en vois de plus en plus et j'avoue que je ne suis jamais rassurée quand je les rencontre. Pourtant je ne suis pas fière de se sentiment. Ce sont des gens comme vous et moi, des malchanceux, des démunis... Je détestais ce sentiment d'effroi et pourtant je restais méfiante.

Et il commença à me parler. On aurait dit un ours. Un ours mais pas de ceux qui sont bourrus. Non. Un ours imposant mais tout doux et gentil.

 

"- T'as quoi , toi 15, 16 ans?" Non, non monsieur j'ai 20 ans...

"- OOOOH déjà! Et t'es mariée?" Pas encore, mais ça viendra vous savez...

Il cria sur deux trois gamins qui passaient par là en vélo. Surpris par le geste inattendu du viel homme, l'un deux cria en riant aux éclats. Je remarquais le fait qu'ils étaient loin d'être effrayés. Il fait bon être simple d'esprit.

 

"- Faut bien s'amuser! Tu t'amuses toi?" Moi? Plus trop le temps de s'amuser vous savez...

Ses yeux bleus riaient, son visage inspirait la sympathie et un instant je pensais qu'il ressemblait au Père Noël. Ma peur s'était envolée...

 

"- Moi quand j'étais en Algérie tu sais, j'avais un gros ver dans le ventre! Et je m'inquiétais tu vois, j’disais qu' y  avaient des bouts de ver qui me sortaient de l'intérieur et je m'inquiétais tu vois!" Ah beurk, ça c'est crado monsieur!

"- Rooo ba c'est la nature! T'as jamais vu des blessés à l'hôpital psychiatrique? Moi j'en ai vu! Une pauvre fille... Enfermée à ses 21 ans par ses parents... Belle connerie humaine! A 60 ans , ils l'ont envoyée en maison de retraite. 40 ans passés à laver leurs chiottes..." Oui, la vie est injuste, je suis bien placée pour le savoir...

 

Son visage s'était fermé sans crier gare. Perdu dans ses pensées, l'homme se rappelait le temps où il était soldat. Guerre d'Algérie. Des histoire de ferme, d'eau à payer, de grappe de raisin interdite...

Info ou intox? Personne ne pouvait le dire, mais il me rappelait mon oncle et ses souvenirs du temps de l'armée, quand lui et mon père faisait les 400 coups.

 

"- Vous croyez aux rides d'expression?" Oh ça oui monsieur.

"- On pourrait allez chercher des livres sur le sujet, et toi et moi on en causerait..." Avec plaisir Monsieur!

"- Les yeux sont le reflet de l'âme..." Vous ne croyez pas si bien dire.

 

Moi qui vous ai en face de moi, je sens cette gentillesse, ce côté taquin, un peu fou aussi et je souris. Tout ce que je lis dans ce regard, Monsieur, c'est de l'amour, un peu de temps à perdre à discuter avec une parfaite inconnue, un besoin de compagnie et de partager tous ces souvenirs qui vous tiennent en vie.

 

L'homme tousse et crache par terre. Je jette un oeil à son caddie. Un fatras, un joyeux bordel je dirais même. Les sacs poubelles s'emmêlaient les uns avec les autres, une bouteille contenant un liquide boueux et probablement néfaste traînait au fond, à côté de ce qui semblait être un paquet de farine.

Mais déjà le bus arrive.

 

"- Je suis désolée Monsieur, mais mon bus arrive..." lui dis-je

"- Votre bus , mais nan il est là vot' bus!" dit-il, montrant ma poitrine du doigt

"- Ah oui mon buste est à sa place, en effet " dis-je en riant.

 

"-OOOOH! Mais 'z'avez failli m'écraser! "

 

Le chauffeur lui souria. Je monte dans le bus en souhaitant une bonne journée au bonhomme.

Les portes se fermèrent, laissant le vieil homme loin derrière. Pendant tout le chemin du retour, je reste plongée dans mes pensées, à moitié choquée et à moitié émerveillée. Oui j'ai bien dit émerveillée. Une rencontre comme ça n'arrive pas tous les jours. Et pourtant...

 

Je voulais juste vous dire merci.

 

Merci d'avoir fait passer ces 20 minutes si rapidement et merci de ce regard bleu si plein de belles choses.

Malgré le fait que vous soyez SDF...


Elodie
Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /2008 15:42



Le cendrier de l’éléphant




« Mais où peut bien être ce bon dieu d’éléphant ? » grognait le colonel. 

C’est énorme, un éléphant, ça ne peut pas disparaître comme ça ! Mais rien à faire, depuis qu’il le traquait, le vieux mâle aux magnifiques défenses semblait avoir échappé à son œil de lynx. Il l’avait suivit à travers toute la savane, manquant de peu de se faire dévorer par deux lionnes affamées et piétiner par un rhinocéros bougon. Il les avait ignorés, tout à son gibier. Un MacPhersen ne lâche jamais sa proie ! 

A présent il avait atteint les bois. L'éléphant semblait invisible à travers les arbres de la jungle. Et ça mettait le colonel dans une fureur noire. Son ami et éternel rival O’Railley allait se moquer de lui. « C’est toi le cendrier !!! » hurlait toujours cet imbécile dans des moments pareils. Le cendrier, celui qui rendre noir, bredouille… MacPhersen en grinçait des dents. Il fallait à tous prix qu’il réussisse à mettre la main sur ce fichu éléphant !

Soudain il sentit sous ses pieds ce tremblement qu’il reconnaîtrait entre mille. Là, sur la droite, la charge du vieux mâle en personne ! Triomphant, il pivota sur lui-même et commença à lever son fusil.

Il ne termina jamais son geste.

Plusieurs tonnes d’éléphants furieux mirent fin à sa vie, à sa chasse, et aux attentes impatientes de ses nombreux héritiers. Après quoi le patriarche retourna fièrement à sa savane, non sans avoir prit le temps d’abattre un arbre pour se rappeler qu’il en était à 6 chasseurs cette année, soit près de battre le record de son ami et éternel rival. Il reparti en barrissant de contentement.



Marine


Phrases piochées :

"L'éléphant semblait invisible à travers les arbres de la jungle."

"C'est toi le cendrier !!!" 

Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /2008 15:36

« - Quelqu’un peux me passer le cendrier? demanda Emma.

- C’est toi le cendrier!

- Oh mais ta gueule, t’as pas fini avec cette blague bidon Élodie? soupira Emma, blasée.

- Roo bah si on peut plus rigoler… » répliqua Élodie. 

Elle s’affala à son tour dans le fauteuil moelleux, affichant son habituelle moue boudeuse.


« - Ça y est, la v’la repartie à faire son boudin…dit Emma. T’as pris ton bain au moins? Parce que si t’y vas pas, jte préviens, jte pique ta place et j’y resterais des heures! 

- Pas question! » s’écria-t-elle.


Élodie se leva de son nid douillet et s’enferma à double tour dans la salle de bain. Elle fit couler l’eau en ouvrant à fond le robinet d’eau chaude avant de goûter l’eau du doigt et de réajuster la température. Elle se déshabilla et plongea avec un soupir de satisfaction.


Trois quarts d’heures plus tard, Emma vint toquer à la porte en criant: 

« - T’es morte? Parce que sinon j’appelle le croque-mort qu’il vienne te chercher! »

Élodie soupira de nouveau, d’exaspération cette fois.

« - Bon tu sors? T’as bientôt fini au moins? J’ai froid et j’en ai marre de sentir le bouc! » s’égosilla Emma.

« - C’est toi le bouc! » lui répondit Élodie

 

Emma maugréa et se dit « Changera jamais cette gamine… ». Elle tourna les talons. Élodie tendit l’oreille et sur que sa grande sœur était partie de derrière la porte. Elle refit couler l’eau chaude, le bain ayant refroidi depuis stout ce temps, et tout à son plaisir, mit les écouteurs de son baladeur dans ses oreilles, méditant sur la vie et sur le moyen de clouer le bec d’Emma à jamais.



Elodie


Phrases piochées :
"C'est toi le cendrier !!!"
"As-tu pris ton bain aujourd'hui ?" 

Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
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Vendredi 14 novembre 2008 5 14 /11 /2008 15:29

À partir de phrases écrites et piochées au hasard, nous avons dû écrire un texte (en 15 minutes) en incorporant lesdites phrases (sous réserve d'adapter conjugaison, narrateur et autres éléments de forme).


 




Le silence planait sur la scierie. Tous les forgerons s'était tu. Se regardant les uns les autres, ils en arrivèrent à la même conclusion : le terrible craquement qu'ils venaient d'entendre n'était pas naturel. Armés de solides haches, ils s'apprêtèrent à faire face à l'ennemi invisible capable d'un tel vacarme. Tous, sauf le vieil Armand, déjà saoul à cette heure matinale. S'offrant une généreuse rasade de rhum, il déclama :

 

"Pas normal c'boucan ! Regardez, là, l'mon ombre sur l'mur, ben elle n'm'a jamais parlé ! Ça fait pas de bruit c'truc-là !"

Les autres haussèrent les épaules et firent un pas, redoutant que le vacarme se répète. Et immédiatement le craquement se refit entendre, tout autour d'eux. Un bruit sourd et profond qui prenait sa racine dans toute la forêt. Relevant le bas de son bonnet, l'un des forgerons ouvrit grand la bouche pour s'exclamer :

"C'est... c'est les arbres ! Cré vin diou c'est les arbres qui bougent !"

Et tous se mirent à trembler, les yeux rivés sur les racines qui sortaient de terre, rampant comme de lents serpents vers la scierie. Les arbres, secouant leurs branches, brandirent leurs bouts les plus pointus, leurs aiguilles et leur bouclier d'écorce, dans leur direction. Un autre forgeron, ne voulant céder à la panique, hurla :

"Allons couper du bois les amis !"

La bataille ne dura pas longtemps. Les haches ne coupèrent que quelques branches et restèrent coincer dans les troncs. Les humains, trop fragiles, furent écrasés par les épaisses racines de séquoias. En peu de temps, il n'y eut plus rien à voir. Les restes des murs de la scierie effondrée furent avalés par le sol/ Il ne régna bientôt plus qu'un long et inquiétant silence. 




Florent




Phrases piochées :

"Allons couper du bois les amis !"

"Mon ombre sur le mur ne m'a jamais parlée." 

Par Florent Gaillard - Publié dans : DesLyres Angers
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